Éduquer au numérique d’accord. Mais pas n’importe lequel et pas n’importe comment – Partie 2 : l’enseignement scolaire

Cet article est la suite d’une réflexion entamée en novembre 2021 dans un premier texte intitulé Éduquer au numérique d’accord. Mais pas n’importe lequel et pas n’importe comment.

J’y défendais une éducation au numérique traitant le numérique comme un fait social total, éminemment politique, économique et culturel. Et j’encourageais à une éducation plus engagée, plus critique. Vis-à-vis de la numérisation totale, sans réflexion et sans débat démocratique, de notre société d’une part. Et de la domination hégémonique de plateformes toxiques d’autre part.

Je vais continuer de tirer le fil en me concentrant sur l’éducation au numérique dans l’enseignement scolaire. Mon intention est la même que dans mon premier article : je n’ai pas la prétention d’apporter des réponses toutes faites. Mais je propose au moins de poser des questions, et de contribuer à la réflexion.

Cet article s’adressera donc en premier lieu aux acteurs de l’Éducation nationale. Mais les partenaires de la médiation et de l’animation numérique y trouveront certainement des passerelles vers leurs propres spécificités.

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Visioconférence introductive à la culture numérique pour la Médiathèque départementale du Nord

J’ai eu le plaisir de donner une visioconférence pour la Médiathèque départementale du Nord. Comme d’habitude, cette intervention dispose de sa page dédiée où je laisse à disposition mon document de présentation et des ressources en CC BY SA.

La Médiathèque départementale du Nord a quant à elle publié les vidéos sur Youtube, donc les voici. Si ce genre d’intervention vous intéresse (chacune est unique), n’hésitez pas à me contacter.

Merci à la Médiathèque départementale du Nord pour sa confiance et pour ce partage de vidéos !

Photo à la une de Kelvin Magtalas sur Unsplash

Pollen – un outil libre et gratuit pour créer vos sondages

Une belle découverte (en pleine formation Animacoop) pour vos associations et autres structures démocratives ! Voici Pollen, une plateforme de sondage libre et gratuite (mais que vous pouvez soutenir, évidemment).

Créez autant de sondages que vous le désirez. Concevez des sondages adaptés à vos besoins grâce aux nombreux modes de scrutins supportés (Condorcet, Borda, Vote alternatif, Coombs, Jugement majoritaire…). Le logiciel est plutôt ergonomique mais attention certains modes de scrutins nécessitent d’être maîtrisés.

Voici un exemple de sondage avec le mode Borda

Et le même sondage en scrutin cumulatif

À noter également l’application Mieux voter, qui se concentre sur la mode de jugement majoritaire.

Via la formation Animacoop

L’indépendant et les réseaux sociaux

Depuis quelques temps maintenant, je m’interroge sur ma présence sur les réseaux sociaux. Je suis même tiraillé entre plusieurs injonctions contradictoires, que je vais essayer de partager avec vous dans ce court article. Il tombe à point nommé dans l’actualité, puisqu’à l’heure où j’écris, Elon Musk est en train d’essayer de racheter la totalité de Twitter.

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Geekeries d’un mercredi après-midi : lire ses sms sur Ubuntu et streamer de la musique

Bon à la base j’étais censé faire ça sur le temps du café et puis j’ai dérapé… J’avais encore deux pratiques qui me résistaient dans ma prise de distance à l’écosystème Apple, à savoir la lecture de messages SMS sur ordinateur, et le fait de facilement streamer de la musique sur mon ampli connecté.

Lire mes messages SMS sur Linux

C’était une de ces fonctionnalités Apple dont je ne me pouvais plus me passer. Merci à celleux qui me l’ont rappelé, l’alternative libre existe ! Il s’agit de KDE Connect (ou l’équivalent GSConnect quand on est sur l’environnement Gnome, comme c’est mon cas sur Ubuntu). Grâce à Kde Connect, je peux lire mes textos reçus via Fairphone sur Linux.

Streamer de la musique sur mon ampli Connect SANS Airplay, Spotify et Qobuz

Pour streamer simplement de la musique sur un ampli connecté, il faut passer par Airplay, Spotify ou Qobuz Connect. Airplay est un système pratique pour diffuser vidéos et morceaux de musiques, mais il est exclusif à Apple (protocole propriétaire toi-même tu sais). Spotify et Qobuz utilisent nos données pour nous afficher de la publicité ciblée1. Ce ne sont donc pas des solutions acceptables tant qu’elles ne changent pas de pratiques.

Je cherchais un moyen de contourner, et j’ai enfin réussi à créer un serveur sur mon Linux, qui me permet donc de streamer de la musique sur mon ampli connecté Yamaha, et donc d’éviter Spotify, Qobuz et Airplay.

Ce n’est pas si compliqué, il y a l’option d’installer un média center comme Kodi. Je lui ai simplement dit où était ma musique hors connexion, et une fois lancé, il agit comme serveur (il rend la musique accessible par mon ampli Yamaha).

Mais j’ai trouvé encore plus simple2 (et pourtant il faut savoir que ça existe !). Il suffit d’aller dans les paramètres d’Ubuntu (à voir si c’est la même chose dans les autres distribs de Linux), puis dans Partage. Et là on active le partage, puis le partage de média et on choisit le réseau et pouf, c’est fait. Formidable, tellement simple, et surtout : léger !

Photo à la une de Roselyn Tirado sur Unsplash. Écrit en écoutant Winter 1 – Recomposed: Vivaldi’s Four Seasons de Max Richter.

J’ai testé /e/OS alias Murena sur le Fairphone 4

Contexte : il y a quelques mois, j’ai proposé sous forme de candidature spontanée mes services aux équipes de la e.fondation qui développe /e/OS, un système d’exploitation mobile. Je trouvais le projet vraiment inspirant, important. Indispensable même, pour offrir une troisième voie plus vertueuse1 dans le duopole d’Apple (iOS) et Google (Android). L’équipe m’a gentiment répondu qu’il n’y avait pas de possibilité de missions ou d’ouverture de poste. Par contre, elle m’a proposé de tester /e/OS sur un Fairphone 4.

J’ai immédiatement accepté, tout content de pouvoir tester à la fois le Fairphone 4 qui m’intriguait depuis sa sortie, en même temps que /e/OS, ce système d’exploitation mobile respectueux des données, sobre, open source, porté par une structure à but non lucratif. J’en ai profité pour réinterroger mon propre rapport au smartphone, à l’écosystème Apple, à la technologie en général.

Bonne lecture !

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La technocritique radicale en actes

Pas de site pour les éditions La lenteur. Franchement, au delà d’être d’accord ou pas d’accord, je trouve ça très classe d’arriver encore à faire vivre ses convictions dans un monde de plus en plus numérisé.

Quelques-uns de leurs ouvrages technocritiques :

[Alternative numérique] Échange avec Gaël Duval, fondateur du projet /e/OS – Resnumerica

J’ai eu le plaisir d’échanger une petite heure avec Gaël Duval pour comprendre où en était /e/OS, un OS mobile alternatif à Android et iOS : quelle histoire, quels positionnements en tant qu’alternative numérique porteuse d’espoir, quelles visions pour l’avenir ? J’ai publié ça sur Resnumerica :

Quand on doit choisir un smartphone aujourd’hui, on se retrouve face à un duopole composé d’Android (84% des parts de marché mondial en 2021), et d’iOS (16% des parts de marché).

Deux choix seulement. Android, de Google d’une part. Un système d’exploitation en apparence libre, mais très gourmand de nos données. iOS, d’Apple d’autre part. Un challenger réservé aux iDevices plus onéreux, mais également un écosystème fermé et une boite noire en matière de données.

Cet épisode s’intéresse à un troisième choix, /e/OS, alias Murena, proposé par la E.foundation présidée par Gaël Duval. Les moteurs clés de /e/OS sont selon Gaël : vie privée, open source, soutenabilité écologique (source).

Bonne écoute !

Source: [Alternative numérique] Échange avec Gaël Duval, fondateur du projet /e/OS – Resnumerica

Les dimensions d’une alternative numérique

Sur quelles dimensions peut-on reconnaître, et a fortiori choisir, une alternative numérique ? Les libristes jureront par le caractère open source du programme, les écolos sur sa sobriété, les défenseurs de la vie privée sur le chiffrage des données, etc. Mais est-ce qu’une alternative numérique n’a pas besoin d’être un peu de tout ça ?

Voilà comment je structure aujourd’hui les différentes dimensions d’une alternative numérique. C’est en fonction de chacun d’eux que j’essaie de faire les choix les plus adaptés à mes situations.

  • La dimension libre et open source : l’ouverture, au moins partielle, du code informatique pour pouvoir en comprendre le fonctionnement a minima.
  • La dimension écologique : la durabilité du matériel, la sobriété du code informatique (low code, no code, low tech).
  • La dimension économique : le modèle économique est juste, il permet de faire vivre correctement les contributeurices.
  • La dimension protection de la vie privée et des données personnelles : l’alternative numérique recherche le “privacy by design”, du matériel et logiciel qui respectent nos données personnelles, en captent le moins possible et les stockent le moins longtemps possible. L’alternative numérique s’emploie à crypter le plus possible les données.
  • La dimension inclusive : l’alternative numérique s’attache à créer des outils accessibles, ergonomiques, égalitaires. Elle intègre que les technologies numériques ont tendance à renforcer toutes les inégalités sociales, économiques et culturelles.
  • La dimension conviviale : l’alternative numérique s’attache à être conviviale1, ne crée pas de dépendance inutile (captologie), n’impose pas un écosystème fermé (interopérable). L’alternative numérique élargit le rayon d’action personnel, elle ne le rétrécit pas.
  • La dimension éthique : l’alternative numérique se construit dans des conditions éthiques, respect des personnes (salariés, clients, fournisseurs), respect du droit, respect de la morale.

EDIT : la première alternative numérique, c’est aussi le choix du non numérique. Pas besoin de s’échiner à trouver l’outil numérique parfait, quand l’outil non numérique fonctionne. Parfois également, trouver l’outil numérique parfait est impossible (par exemple la sécurité, ou la vie privée absolue, n’existent pas dans un monde numérique).

Et vous, que pensez-vous de ces dimensions ? Lesquelles ont le plus d’importance pour vous ? Comment choisissez-vous vos alternatives numériques ?

Note : Je mettrai à jour cet article au fur et à mesure de la manière dont ces dimensions se structureront dans mon esprit.

Photo à la une de Simon Maage sur Unsplash

Contenus sous licence CC BY SA : KÉSAKO ?

L’ensemble de ce site est sous licence Creative Commons (Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions), à l’exception des documents que je partage mais dont je ne suis pas l’auteur, et de certaines images non libres de droits.

Qu’est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que vous pouvez reprendre tout les contenus que je mets à dispositions, à condition de me citer comme l’auteur initial et de partager à nouveau dans les mêmes conditions les créations que vous produirez vous-même à partir de mes contenus.

Je voudrais insister sur trois aspects :

  1. Cette licence ne l’impose pas (et ce serait difficile d’ailleurs), mais il est très appréciable de savoir quand mon contenu est utile et repris. Je vous remercie d’avance de prendre le temps de me faire un petit coucou quand c’est le cas.
  2. Il est également important de comprendre que si je mets mon travail au pot commun du partage de l’information et de la connaissance, c’est pour que cette information et cette connaissance circulent. J’insiste donc sur le caractère « SA » (SA pour Share alike ou partage dans les mêmes conditions) de la licence : si vous reprenez mon travail, alors votre propre création reprise de la mienne (avec votre amélioration, vos changements, vos adaptations) devra être diffusée sous la même licence CC BY SA. D’ailleurs si vous souhaitez que je la diffuse sur ce site, c’est tout à fait envisageable et même encouragé. Même si vous ne souhaitez pas diffuser largement votre travail, je serai ravi de le recevoir car cela pourra m’aider à améliorer mes propres contenus. C’est aussi ça le sens des licences libres !
  3. Dans certains cas, cela vous prendra plus de temps d’adapter vous-même mon travail à votre situation. C’est peut-être le moment de me contacter, et de me présenter votre projet car je suis un consultant indépendant et je suis toujours à la recherche de jolies missions pleines de sens et d’intérêt !

Merci pour votre lecture !