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    <title>Louis Derrac</title>
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    <updated>2026-06-20T15:58:16+02:00</updated>
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        <name>Louis Derrac</name>
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        <title>L&#x27;IAg est l&#x27;arbre qui cache la forêt de nos dépendances numériques</title>
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            <name>Louis Derrac</name>
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        <updated>2026-06-19T12:06:48+02:00</updated>
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                    Depuis que l’administration Trump a coupé, le 12 juin, l’accès aux modèles Fable et Mythos d’Anthropic, tout le monde s'agite. Certains découvrent nos dépendances numériques (il était temps). D'autres clament qu'il nous faut, urgemment, une intelligence artificielle française (voilà qui est original). Et chacun de&hellip;
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                <p>Depuis que l’administration Trump a coupé, le 12 juin, l’accès aux modèles Fable et Mythos d’Anthropic, tout le monde s'agite. Certains découvrent nos dépendances numériques (il était temps). D'autres clament qu'il nous faut, urgemment, une intelligence artificielle française (voilà qui est original). Et chacun de s'employer à des <a href="https://www.economie.gouv.fr/actualites/video-le-plan-notre-ia-pour-les-services-publics-devoile"  class="extlink extlink-icon-1"  >nouveaux plans</a> et <a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/accelerer-l-ia-dans-l-etat-et-au-service-des-francais"  class="extlink extlink-icon-1"  >investissements</a>.</p>
<p>Dans cette séquence, nous réussissons le tour de force de 1. faire le jeu d'Anthropic et des autres grandes boites d'IAg (américaines) avant leur IPO, 2. reprendre sans recul critique le narratif de l'IAg comme outil d'hyper-productivité et d'hyper-compétitivité 3. concentrer l'attention politique et médiatique sur l'IAg et pas sur les briques technologiques vraiment vitales pour notre indépendance stratégique.</p>
<h2 id="une-confusion-entretenue">Une confusion entretenue entre IAg et IA</h2>
<p>D’abord, il faut distinguer deux choses qu’on mélange en permanence dans le débat public : les intelligences artificielles génératives grand public (Claude d’Anthropic, ChatGPT d’OpenAI, Gemini de Google) et les systèmes d’intelligence artificielle au sens large, bien plus divers dans leurs méthodes, techniques et applications pratiques. Les seconds peuvent rendre de vrais services : détection de fuites d’eau dans les collectivités, aide au diagnostic médical, modélisation météo, recherche de médicaments, etc. Sur les premières, et comme je l'ai déjà beaucoup écrit ici, j’ai vraiment plus de réserves.</p>
<p>Il faudrait faire une véritable cartographie des controverses autour des intelligences artificielles génératives (IAg), mais citons notamment le coût social (licenciements ou non-recrutements au prétexte de l'IA, déqualification et précarisation du travail, travail du clic pour entraîner les IAg), le coût écologique (construction de nouveaux centres de donnée donc matières premières et artificialisation des sols, demande accrue en énergie et en eau), le coût culturel (pillage de l'ensemble des connaissances et productions culturelles de l'humanité, uniformisation de la création) ou encore le coût intellectuel (sur la construction de notre pensée, sur nos compétences).</p>
<p><span style="font-size: inherit;">Côté bénéfice, les gains de productivité massifs et généralisés qu’on nous promet depuis des mois et années restent largement à démontrer à grande échelle. Certaines tâches étroites (génération de code, support client) affichent des gains incontestables mais mesurés. L’idée d’une transformation générale de la productivité du travail reste, à ce stade, une promesse (une fable ?) qui n'engagent que celles et ceux qui la croient.</span></p>
<h2 id="un-faux-procès">Une erreur de priorité</h2>
<p>Revenons à l’épisode Fable-Mythos. Sur ordre de Washington, Anthropic a dû couper l’accès à ses deux derniers modèles. Concrètement, qui, en Europe, en a souffert ? Mythos n’avait jamais été ouvert au public, réservé à une poignée d’organisations partenaires. Fable, lui, venait d’être lancé quelques jours plus tôt. Il est assez incompréhensible de construire le narratif d'une catastrophe nationale sur la coupure d’un outil que presque personne n’utilisait encore.</p>
<p>Poussons l’exercice un peu plus loin : si Anthropic, OpenAI et Google devaient demain couper tous leurs services d’IA générative, notre tissu économique s’effondrerait-il ? Je ne le pense vraiment pas. Bien sûr, pour certains métiers, je pense notamment aux développeurs, cela occasionnerait une baisse de productivité. Mais comme évoqué plus haut, les promesses de gains massifs et généralisés de productivité grâce à l'IAg restent à démontrer, et la grande majorité des projets d’IA générative déployés en entreprise échouent. L'IA générative grand public n'est donc pas, à mon sens, une brique technologique critique.</p>
<p>En revanche, si sur ordre de Donald Trump, Visa et Mastercard nous coupaient l’accès aux paiements, si les clouds d’AWS, Google ou Microsoft nous fermaient leurs portes, si Cloudflare cessait de protéger nos sites, si les grandes plateformes sociales de Meta étaient inutilisables : voilà le genre de briques technologiques qui mettraient notre économie, notre administration et notre vie démocratique à genoux en quelques heures. C'est d'ailleurs tout le message porté par le <a href="https://numerique360.banquedesterritoires.fr/intelligence-artificielle/connaissances/journal-nos-independances-numeriques-2026-2040/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Journal de sensibilisation aux dépendances Numériques</a>, édité par la Banque des territoires et réalisé par Vraiment Vraiment.</p>
<h2 id="la-vraie-bataille">La véritable urgence</h2>
<p>L’objectif de reconquérir notre indépendance stratégique, ou du moins de pouvoir mieux choisir nos dépendances, je le partage entièrement. J'en parle d'ailleurs depuis bien longtemps dans mes interventions, et c’est au cœur de ce que j’appelle le <a href="https://louisderrac.com/numerique-acceptable/">numérique acceptable</a>. Mais je crois que l’IA générative grand public, au delà de son rapport coût/bénéfice qui me semble problématique, constitue réellement une diversion. Notre souveraineté numérique doit se construire en priorité sur des briques réellement structurantes : les infrastructures cloud, les câbles sous-marins, les systèmes d’exploitation, les semi-conducteurs, les réseaux de paiement.</p>
<p>Et là encore, déployons un numérique acceptable : émancipateur, choisi ET soutenable écologiquement et socialement. En ce sens, la multiplication sans limites des centres de données est un exemple de non-sens. En France comme aux États-Unis, les mobilisations se multiplient légitimement contre leur implantation. Cette défiance, ici comme là-bas, me semble être un signal à écouter plutôt qu’à contourner : le numérique à l'européenne et à la française ne se construira pas contre les habitant·es et les écosystèmes, mais avec eux. C'est tout le sens d'un numérique choisi : il faut trouver les moyens de décider collectivement du numérique que nous voulons. Voulons-nous l'équivalent de GAFAM en Europe, avec les mêmes travers (centralisation, hégémonie), ou un tissu de plus petits acteurs qui travaillent ensemble sur des communs numériques ? Voulons-nous un gigantisme numérique sans limites, ou un numérique plus sobre et plus économe ? Les élections présidentielles peuvent être un bon moment pour faire s'opposer différentes visions.</p>
<h2 id="ce-que-jen-retiens">Pour conclure, temporairement</h2>
<p>Si je devais résumer : arrêtons de nous focaliser sur l’arbre de l'IAg, et regardons plutôt la forêt de nos dépendances numériques. Câbles, clouds, semi-conducteurs, systèmes de paiement : voilà où se joue réellement notre dépendance, et voilà où devraient se concentrer nos discussions, notre intelligence et notre argent (public comme privé), plutôt que dans une course à l’IA générative dont l’utilité sociale et sociétale reste à prouver et dont les coûts sont assurément immenses.</p>
<p>Certains me diront que l’IA générative, même peu rentable aujourd’hui, reste stratégique pour l’avenir : recherche scientifique, cybersécurité, usages militaires. J'entends l'argument. Mais il plaide selon moi pour une capacité d’expertise publique et une vigilance (principe de précaution) sur ces technologies, pas pour les milliards qu’on engloutit aujourd’hui dans une course à la taille des modèles, sans garde-fous et sans contrepartie démocratique ni écologique.</p>
<p>Quoi qu'il en soit, cette réflexion n’est pas aboutie, et je sais que d’autres ne seront pas d'accord sur la hiérarchie des priorités. <a href="https://louisderrac.com/contact/">Vos retours sont les bienvenus</a>, comme toujours.</p>
<h2>À lire également</h2>
<ul>
<li><a href="https://www.la-croix.com/a-vif/la-france-veut-son-intelligence-artificielle-mais-elude-les-vraies-questions-20260617"  class="extlink extlink-icon-1"  >La Croix : La France veut « son » intelligence artificielle… mais élude les vraies questions</a></li>
<li><a href="https://numerique360.banquedesterritoires.fr/intelligence-artificielle/connaissances/journal-nos-independances-numeriques-2026-2040/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Numérique360 de la Banque des territoires. Journal de sensibilisation aux dépendances Numériques</a></li>
<li><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/126925-096-A/le-dessous-des-cartes-l-essentiel/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Le dessous des cartes : <span class="ds-tkypj8">Tech américaine : les Européens dépendants ?</span></a></li>
</ul>
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        <title>[Note de service] Je cherche une mission récurrente</title>
        <author>
            <name>Louis Derrac</name>
        </author>
        <link href="https://louisderrac.com/note-de-service-je-cherche-une-mission-recurrente/"/>
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        <updated>2026-06-16T15:49:13+02:00</updated>
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                    Bonjour à toutes et tous. Certain·es d'entre vous le savent déjà, je travaille à nouveau en indépendant depuis avril 2026. Et comme je l'ai déjà partagé ici et notamment là, la période n'est pas particulièrement enthousiasmante pour les écosystèmes de l'éducation au numérique et du&hellip;
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                <p>Bonjour à toutes et tous. Certain·es d'entre vous le savent déjà, je travaille à nouveau en indépendant depuis avril 2026. Et comme je l'ai déjà partagé ici et <a href="https://louisderrac.com/trois-projets-en-cours-et-jen-devoile-un-arclunum/">notamment là</a>, la période n'est pas particulièrement enthousiasmante pour les écosystèmes de l'éducation au numérique et du numérique alternatif/acceptable/responsable/éthique/robuste/désirable/éthique/etc.</p>
<p>Je recherche donc une mission récurrente pour me permettre d'assurer des revenus stables. Voici dans l'idéal ce que je recherche, et ça correspondra peut-être à votre besoin. N'hésitez pas à m'écrire pour échanger (je suis fondamentalement un couteau-suisse et un artisan) et à faire tourner à vos connaissances, mille mercis d'avance !</p>
<ul>
<li>Domaines privilégiés : éducation au numérique, numérique d'intérêt général. Plus largement : associations ou ESS</li>
<li>Volume : 2 jours par semaine</li>
<li>Durée d'engagement : 4 mois minimum</li>
<li>Types de missions : gestion de projet, développement stratégique, déploiement et partenariats, communication, rédaction, conception, etc.</li>
<li>TJM : environ 600 € HT, à rediscuter en fonction de la mission</li>
</ul>
<p>Vous retrouverez <a href="https://louisderrac.com/cv/">mon CV sur cette page</a>. <span style="font-size: inherit;">Et bien sûr, si vous ne cherchez pas quelqu'un sur une mission récurrente mais ponctuelle, jetez un oeil à </span><a href="https://louisderrac.com/travailler-avec-moi/" style="font-size: inherit;">mes services</a><span style="font-size: inherit;">.</span></p>
<p>Enfin, pour me contacter : <a href="mailto:louis.pro@derrac.com">louis.pro@derrac.com</a></p>
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        <title>Mes quelques centimes sur l&#x27;actu IA / Fable / Mythos et cie</title>
        <author>
            <name>Louis Derrac</name>
        </author>
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        <updated>2026-06-16T10:07:47+02:00</updated>
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                    Personne ou presque en Europe n'utilisait Mythos ou Fable, donc je me demande bien pourquoi tout le monde s'applique à faire croire que nous serions subitement en PLS, ou en état de choc. Ça me parait assez irréaliste. Toutes les « analyses » que je&hellip;
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                <p>Personne ou presque en Europe n'utilisait Mythos ou Fable, donc je me demande bien pourquoi tout le monde s'applique à faire croire que nous serions subitement en PLS, ou en état de choc. Ça me parait assez irréaliste.<br><br>Toutes les « analyses » que je lis reprennent les arguments selon lesquels les gains de productivité/compétitivité provoqués par les IAG seraient absolument faramineux. Et donc ne pas avoir accès aux meilleurs IAG serait synonyme de perte dramatique de productivité. Je rappelle qu'aucune étude à ma connaissance ne démontre des gains de productivités notables et généralisés à ce jour. Dites-moi si je me trompe en commentaire (étude sérieuse à l'appui svp).<br><br>Bref, à mon humble avis, on joue collectivement le jeu d'Anthropic avant son IPO et des boites IA américaines en général. On joue (encore !) à se faire peur sur l'IAG (et on alimente encore collectivement la hype), alors que l'IAG est l'arbre qui cache la forêt de notre dépendance (réelle) aux technologies américaines VRAIMENT indispensables : les dispositifs de paiement, les clouds, les plateformes sociales grand public, etc.</p>
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        <title>Que peut l’éducation au numérique face aux défis posés par les réseaux sociaux ?</title>
        <author>
            <name>Louis Derrac</name>
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            <category term="Éducation"/>
            <category term="Technocritique"/>
            <category term="Numérique"/>
            <category term="Culture numérique"/>
            <category term="Carnet"/>

        <updated>2026-06-15T11:26:56+02:00</updated>
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                    Cet article a été écrit en février-mars 2026 pour la collection de livre "Les Essentiels d'Hermès", dont le dernier numéro Ecrans contre écrans vient d'être publié. Avec leur accord, je reproduis mon article ici. En voici le titre exact et la meilleure façon de le&hellip;
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                <p class="msg msg--highlight ">Cet article a été écrit en février-mars 2026 pour la collection de livre "Les Essentiels d'Hermès", dont le dernier numéro <em>Ecrans contre écrans</em> vient d'être publié. Avec leur accord, je reproduis mon article ici. En voici le titre exact et la meilleure façon de le citer : Derrac, L., 2026. "Que peut l'éducation au numérique face aux défis posés par les réseaux sociaux ?", <em>in</em> Tsala Effa, D. (dir.), <em>Ecrans contre écrans</em>, Paris, CNRS éditions, coll. "Les Essentiels d'Hermès". Vous retrouverez la revue à l'achat <a href="https://www.cnrseditions.fr/catalogue/revues/ecrans-contre-ecrans/"  class="extlink extlink-icon-1"  >sur cette page</a>.</p>
<p>Il paraît nécessaire, pour toute réflexion critique sur les réseaux sociaux, de commencer par oser nommer le mal. Ce qui fut, dans les années 2000, perçu comme la concrétisation d’une utopie numérique – partage des connaissances, collaboration horizontale, liberté d’expression – s’est progressivement transformé en un écosystème largement toxique, à la fois pour les individus et pour les démocraties. Visionnaire, Aaron Swartz, figure emblématique du Web ouvert, écrivait dès 2007 : « Désormais, tout le monde a un droit de parole, il s’agit de savoir qui est entendu. »</p>
<p>Plus de quinze ans après, sa crainte se vérifie : les algorithmes, les interfaces et les modèles économiques de quelques plateformes hégémoniques ont redistribué le pouvoir de parole, non pas vers l’égalité, mais vers la viralité et la rentabilité (et parfois l’idéologie). Dans un monde en polycrises (économique, sociale, géopolitique, écologique, etc.), sur fond de « post-vérité », les réseaux sociaux sont devenus un véritable espace d’affrontement dans les guerres de l’information.</p>
<h2>La toxicité systémique des principaux réseaux sociaux</h2>
<p>Depuis le milieu des années 2010, les principaux réseaux sociaux ont été régulièrement épinglés pour des dérives ayant dépassé le cadre des simples dysfonctionnements techniques ou éditoriaux. Ces cas nombreux et largement documentés par des enquêtes journalistiques et parlementaires, des rapports d’ONG, des études académiques et des audits internes, ne relèvent pas d’erreurs isolées, mais révèlent une toxicité systémique, ancrée dans les modèles économiques, algorithmiques et de conception même de ces plateformes. Comme dit l’adage, ce n’est pas un bug, c’est une fonctionnalité. En privilégiant l’engagement, la viralité et la captation de l’attention, les réseaux sociaux produisent des effets néfastes (psychologiques, sociaux, politiques) qui débordent largement du cadre individuel pour atteindre des dimensions structurelles et collectives.</p>
<p>Ainsi, Facebook a été au cœur d’innombrables scandales ayant démontré l’ampleur des dérives de ses modèles économiques et algorithmiques. L’affaire Cambridge Analytica (2018) a révélé l’exploitation massive de données personnelles à des fins de manipulation électorale. Plus grave encore, Amnesty International a démontré en 2018 que les algorithmes de Facebook ont contribué à la propagation de discours haineux ayant facilité le nettoyage ethnique des Rohingyas en Birmanie. Ces cas illustrent comment les plateformes, en priorisant l’engagement plutôt que la véracité ou la sécurité, tout en limitant sciemment les efforts de modération, deviennent des vecteurs de violence structurelle.</p>
<p>Instagram, bien que souvent perçu comme un espace de création et de partage visuel, a été critiqué pour ses effets délétères sur la santé mentale des jeunes, en particulier des adolescentes. Une enquête interne menée par Meta en 2021, rendue publique par le Wall Street Journal, a révélé que 32 % des jeunes filles interrogées rapportaient que l’utilisation d’Instagram aggravait leur sentiment de dépression. Par ailleurs, le phénomène du shadowban – censure non transparente des contenus – affecte notamment les utilisateurs engagés dans des causes féministes, LGBTQIA+ ou antiracistes. Ce mécanisme, non documenté officiellement, illustre la manière dont les plateformes contrôlent discrètement la visibilité des voix dissidentes.</p>
<p>Avant même son rachat par Elon Musk, Twitter présentait des caractéristiques de design favorisant l’agressivité et la polarisation : interface minimaliste, publications très courtes, chronologie algorithmique, système de réactions binaires favorisant la viralité (« j’aime » / « retweet »), et absence de modération efficace. Sous la direction de Musk, la plateforme a vu une montée en puissance des discours d’extrême droite, souvent amplifiés par des algorithmes modifiés pour maximiser l’engagement. Cette évolution démontre que la « liberté d’expression » sur ces plateformes est conditionnée par des logiques commerciales, mais également idéologiques.</p>
<p>TikTok, avec son flux infini de vidéos, repose sur un algorithme de recommandation extrêmement efficace pour capter et retenir l’attention. Ce modèle favorise les contenus émotionnels, viraux et souvent normatifs, en particulier en matière de beauté, de corps, de santé mentale. Les défis viraux, souvent présentés comme ludiques, peuvent conduire à des comportements à risque, voire dangereux. Le modèle économique de TikTok, fondé sur la publicité ciblée et la surveillance comportementale, en fait un outil de contrôle social autant que de divertissement.</p>
<p>Les quelques cas présentés ici ne constituent pas des exceptions, mais des manifestations convergentes d’un même système. Ce dernier repose sur une logique capitaliste de surveillance, la personnalisation extrême, la captation de l’attention et la maximisation de l’engagement, au détriment de la santé mentale, de la diversité des voix, du respect des utilisateurs et de la stabilité démocratique. Comprendre le caractère systémique de la toxicité des principaux réseaux sociaux est une condition nécessaire pour envisager des réponses efficaces, qu’elles soient régulatoires, technologiques ou éducatives. Car tant que les modèles économiques et algorithmiques ne seront pas repensés, toute intervention individuelle ou pédagogique restera, au mieux, un pansement sur une plaie profonde.</p>
<h2>Les réseaux sociaux sont devenus des médias (a)sociaux : trois signaux faibles à considérer</h2>
<p>Les algorithmes de recommandation, en personnalisant les contenus à l’extrême, ont conduit à la formation de bulles informationnelles et culturelles (Pariser, 2011). Sherry Turkle (2011) parlait déjà d’internautes « seuls ensemble » : nous sommes connectés, mais isolés dans nos chambres d’écho respectives. Cette fragmentation rend plus difficile la construction d’un espace public, culturel et informationnel commun, pourtant essentiel à la vie démocratique.</p>
<p>Contrairement à la promesse d’horizontalité, la production de contenu sur les réseaux sociaux est largement concentrée entre les mains d’une minorité d’influenceurs. Ainsi, une étude de Pew Research Center (2024) montre par exemple que 80 % des publications sur X (anciennement Twitter) proviennent de 10 % des utilisateurs, majoritairement des hommes, blancs et politiquement conservateurs. Cette concentration renforce les inégalités de visibilité et de pouvoir. L’asymétrie entre contributeurs et lecteurs passifs se renforce.</p>
<p dir="auto">L’accumulation de contenus, l’accélération frénétique des échanges, l’infobésité et son corollaire, le fear of missing out (FOMO) ont conduit à une forme de fatigue numérique. Une étude de la British Standards Institution (2025) révèle par exemple que 46 % des jeunes Britanniques âgés de 16 à 21 ans souhaiteraient vivre dans un monde sans Internet. Ce désir de déconnexion n’est pas un rejet de la technologie, mais une demande de réappropriation de son usage. Cette fatigue numérique n’est d’ailleurs pas qu’une affaire de réseaux sociaux, on parle également de « décision fatigue » pour parler de notre difficulté à choisir notre prochain film sur Netflix, ou de « zoom fatigue » pour désigner notre épuisement à la suite de l’enchaînement de visioconférences, souvent subi, particulièrement pendant la période de pandémie du Covid.</p>
<p dir="auto">Les trois signaux faibles semblent tous révéler une mutation profonde : les réseaux sociaux ne sont pas uniquement des espaces potentiels de sociabilité, mais aussi des machines à produire de l’isolement, de la hiérarchie et de la fatigue informationnelle. Notons que c’est particulièrement vrai sur les réseaux phares, selon la typologie proposée par Dominique Cardon (2019). Les caractéristiques d’un réseau phare sont les suivantes : des réseaux affinitaires, où l’on suit potentiellement de très nombreuses personnes, sans que ce ne soient des amis ou même des connaissances. Ce type de réseau favorise donc structurellement l’émergence d’influenceurs, qui capitalisent (car il s’agit bien d’un capital social) plusieurs milliers (millions) de followers. C’est également un réseau qui encourage la valorisation de soi, puisque chaque publication a pour objectif (conscient ou inconscient) de générer de l’engagement : de nouveaux abonnés, un like, une republication. C’est enfin un réseau qui peut devenir une incroyable (et déformée) chambre d’écho, quand elle attire à elle deux profils particuliers d’influenceurs : les journalistes et les politiques.</p>
<p dir="auto">Ce n’est pas un hasard si les utilisateurs, en particulier les plus jeunes, expriment un désir de retrait, non pas de la technologie ou de tous les réseaux sociaux, mais de certaines de ces plateformes qui les épuisent, les divisent et les excluent. Un effet très prégnant de ce retrait est l’immense succès des groupes WhatsApp (également possédé par Meta, la société mère de Facebook et Instagram), des communautés Discord, ou encore des messageries instantanées privées. Des réseaux « clair-obscur », toujours selon la typologie de Cardon, avec moins de relations numériques, une autorégulation par les pairs… Cette évolution souligne l’urgence de repenser non seulement les pratiques individuelles, mais aussi les structures technologiques et économiques qui sous-tendent ces plateformes. Car tant que les algorithmes continueront à segmenter, à hiérarchiser et à captiver, les réseaux sociaux resteront des médias (a)sociaux.</p>
<h2 dir="auto" data-heading="L’éducation au numérique : entre sensibilisation dépolitisée et émancipation technocritique">L’éducation au numérique : entre sensibilisation dépolitisée et émancipation technocritique</h2>
<p dir="auto">L’éducation au numérique se trouve encore largement cantonnée à un cadre préventif : sensibilisation aux risques, transmission de « bons usages ». Pour reprendre les travaux de Simon Collin (2021), elle se résout à une finalité adaptative, dépolitisée et coercitive, ce qui renforce l’individualisme au détriment de l’engagement collectif. Or, à la lumière des analyses exposées dans les deux premières parties, cette approche apparaît manifestement insuffisante. Comme l’écrit Jacques Rancière (1987), « qui enseigne sans émanciper abrutit ».</p>
<p dir="auto">Nous pensons nécessaire, et même indispensable dans le contexte géopolitique et politique actuel, une conception plus ambitieuse de l’éducation au numérique, fondée sur deux principes : l’émancipation et la technocritique. L’éducation au numérique doit permettre aux individus non seulement de comprendre les systèmes numériques qui structurent leur environnement, mais aussi de pouvoir les critiquer dans leur complexité et, le cas échéant, de les transformer. Il ne s’agit pas seulement de diagnostiquer, mais de produire du pouvoir d’agir, aussi bien à l’échelle individuelle qu’à l’échelle collective.</p>
<p dir="auto">À l’échelle individuelle, cela implique le développement de pratiques réflexives et autonomes : paramétrage fin des données personnelles, désactivation des mécanismes d’optimisation algorithmique (recommandations, feed personnalisés), ou encore recours à des interfaces non hiérarchisées (flux chronologiques). Mais surtout, il s’agit de cultiver la capacité à quitter, contourner ou boycotter les plateformes dominantes, non pas par retrait, mais par choix politique, au profit d’alternatives éthiques et décentralisées existantes (Mastodon, Pixelfed, Signal, forums autonomes, IndieWeb, etc.), ou à imaginer.</p>
<p dir="auto">À l’échelle collective, l’enjeu est de saisir les dynamiques de pouvoir qui sous-tendent les systèmes numériques : rapports de force politiques et économiques, conflits entre intérêt général et intérêts privés. Une éducation technocritique doit alors permettre d’engager des débats sur les régulations possibles (interdiction de la publicité ciblée, obligation de transparence algorithmique, droit à l’interopérabilité) ou sur d’autres modalités d’interventions politiques et économiques.</p>
<p dir="auto">Comme le souligne Bernard Stiegler (1994), le numérique est un pharmakon : à la fois poison et remède. Les réseaux sociaux n’ont pas causé la désinformation, la violence, l’individualisme, le consumérisme ou les inégalités sociales, mais ils les ont amplifiés, au travers d’une hyperpersonnalisation de masse. Les acteurs éducatifs ont un rôle crucial à jouer : enseigner à penser contre soi-même, à lutter contre ses déterminismes, à sortir de ses bulles de filtre. Il ne suffit pas de former des travailleurs ou des consommateurs, mais bel et bien des citoyens d’un monde numérique, critiques et réflexifs, qui contribuent au Web social presque autant qu’ils le consomment. Dans un monde en polycrises, l’éducation doit enfin pouvoir offrir des espaces et des outils pour ralentir, réfléchir et privilégier la créativité, la coopération, la curiosité et la critique.</p>
<h2 dir="auto" data-heading="Références bibliographiques">Références bibliographiques</h2>
<ul>
<li>Amnesty International, Myanmar : l’atrocité des réseaux sociaux. Meta face au droit à réparations des Rohingyas (Synthèse), 2022.</li>
<li>Are, C., « The Shadowban Cycle: an autoethnography of pole dancing, nudity and censorship on Instagram », Feminist Media Studies, vol. 22, n° 8, p. 2002-2019, 2021.</li>
<li>British Standards Institution (BSI), Half of young people want to grow up in a world without internet, 2025.</li>
<li>Cardon, D., Culture numérique. Éd. Presses de Sciences Po, 2019.</li>
<li>Collin, S., « L’éducation à la citoyenneté numérique : pour quelle(s) finalité(s) ? Éducation et francophonie », vol. 49, n° 2, 2021.</li>
<li>Derrac, L., « Éduquer au numérique d’accord. Mais pas n’importe lequel et pas n’importe comment – Partie 2 : l’enseignement scolaire », 2024.</li>
<li>Derrac, L., « Et si le problème des réseaux sociaux, c’étaient les phares ? », 2024.</li>
<li>Pariser, E., « The Filter Bubble: What the Internet Is Hiding from You ». Éd.Penguin Press, 2011.</li>
<li>Pew Research Center, (2024). America’s News Influencers.</li>
<li>Rancière, J., Le Maître ignorant, Fayard, 1987.</li>
<li>Stiegler, B., La technique et le temps. 1. La faute d’Épiméthée, Éd. Galilée, 1994.</li>
<li>Tucker, J. A., et al. (2018). Social Media, Political Polarization, and Political</li>
<li>Disinformation: A Review of the Scientific Literature. SSRN.</li>
<li>Turkle, S., Alone together: Why we expect more from technology and less from each other. Éd. Basic Books/Hachette Book Group, 2011.</li>
</ul>
            ]]>
        </content>
    </entry>
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        <title>Le défi d&#x27;éduquer à un numérique acceptable - rediffusion du 3 juin 2026</title>
        <author>
            <name>Louis Derrac</name>
        </author>
        <link href="https://louisderrac.com/le-defi-deduquer-a-un-numerique-acceptable-rediffusion-du-3-juin-2026/"/>
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            <category term="Éducation"/>
            <category term="Technocritique"/>
            <category term="Numérique"/>
            <category term="Culture numérique"/>
            <category term="Carnet"/>
            <category term="Blog"/>

        <updated>2026-06-04T16:04:47+02:00</updated>
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                    Près de 300 inscrit·es et 146 participant·es en direct. Merci beaucoup pour votre intérêt pour ce beau défi qu'est l'éducation technocritique au numérique. Comme promis, voici la rediffusion du webinaire qui s'est tenu le 3 juin 2026 entre 17h et 19h. Bon visionnage ! Partage&hellip;
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                <p>Près de 300 inscrit·es et 146 participant·es en direct. Merci beaucoup pour votre intérêt pour ce beau défi qu'est l'éducation technocritique au numérique. Comme promis, voici la rediffusion du webinaire qui s'est tenu le 3 juin 2026 entre 17h et 19h. Bon visionnage !</p>
<h2>Première partie - Conférence et présentation des ressources</h2>
<div class="post__iframe"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" style="border: 0px;" title="Le défi d'éduquer à un numérique acceptable - 3 juin - Partie 1/2" src="https://peer.tube/videos/embed/gw4Sf82HgzRZxzAKuR9PAn" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"></iframe></div>
<p>Partage des présentations :</p>
<ul>
<li><a href="https://kdrive.infomaniak.com/app/share/179916/c59099a8-b5b6-47d0-9b4b-bc2aa44d24b3"  class="extlink extlink-icon-1"  >Conférence Louis Derrac</a> - <a href="https://louisderrac.com/fichiers/referentiel-numerique-acceptable.html">Référentiel numérique acceptable</a></li>
<li><a href="https://kdrive.infomaniak.com/app/share/179916/6fcf07ae-1f88-4e35-8f12-b8b6d06a63cb"  class="extlink extlink-icon-1"  >Présentation PhoneImpact / INRIA</a> - <a href="https://phoneimpact.inria.fr/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Site PhoneImpact</a></li>
<li><a href="https://kdrive.infomaniak.com/app/share/179916/c59099a8-b5b6-47d0-9b4b-bc2aa44d24b3"  class="extlink extlink-icon-1"  >Présentation Future of Tech / Latitudes</a> - <a href="https://www.futureoftech.fr/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Site Future Of Tech</a></li>
<li><a href="https://kdrive.infomaniak.com/app/share/179916/ff014081-6b4c-44e1-9694-5b9ac61af470"  class="extlink extlink-icon-1"  >Présentation Métacartes</a> - <a href="https://www.metacartes.cc/produit/metacartes-numerique-ethique/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Site Métacartes</a></li>
</ul>
<h2>Seconde partie - Temps d'échange</h2>
<p>Je partage également la partie du temps d'échange. Vous le constaterez, ce n'était pas aussi dynamique que je l'espérais, il y a clairement d'autres formats à trouver pour susciter plus de participation. Le chat a en revanche fourmillé pendant tout le webinaire, je vous en propose un florilège plus bas. </p>
<div class="post__iframe"><iframe loading="lazy" width="560" height="315" style="border: 0px;" title="Le défi d'éduquer à un numérique acceptable - 3 juin - Partie 2/2" src="https://peer.tube/videos/embed/bgpMvkGgGHGL39GqWzbjn7" allow="fullscreen" sandbox="allow-same-origin allow-scripts allow-popups allow-forms"></iframe></div>
<div>
<h2>Venez échanger avec la communauté Resnumerica, sur Framateam</h2>
<p>Pour continuer d'échanger, rendez-vous sur le Framateam de la communauté Resnumerica, une communauté créée en 2022 et qui a pour objet « de regrouper des acteurices qui œuvrent dans le champ de l’éducation au numérique tout au long de la vie. Elle défend l’idée d’une éducation populaire, technocritique et émancipatrice de la chose numérique. Elle constitue une communauté de pratiques, de réflexions, d’idées, en soutien à son écosystème. »</p>
<p><a href="https://framateam.org/signup_user_complete/?id=p7rm9er9w3rp7qiswkx58g8kjr&amp;md=link&amp;sbr=su"  class="btn extlink extlink-icon-1"  >Rejoignez-nous sur Framateam</a></p>
<h2>Bonus : ce qui s'est dit et partagé dans le chat</h2>
<p>38 messages échangés, 87 participant·es actifs dans le chat, 31 ressources partagées (bibliographie spontanée), 47 messages en réponse directe (logique pair-à-pair). Bref, le chat a été une très bonne surprise du webinaire ! Petit florilège des<span style="font-size: inherit;"> messages, parfois légèrement abrégés pour un meilleur confort de lecture.</span></p>
<h3 id="éduquer-ou-transmettre">Éduquer ou transmettre ?</h3>
<blockquote>
<p>Éduquer, c’est créer des conditions d’apprentissage dans lesquelles l’éduqué va lui-même tirer ses conclusions. Transmettre, c’est donner de l’information — mais comme le dit Philippe Meirieu, c’est souvent « je vous demande de croire que ce que je dis est vrai ». Et c’est le mur auquel on se confronte quand on arrive avec un message à transmettre.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Éduquer = créer les conditions d’un apprentissage. Instruire = transmettre de la connaissance. <em>Change my mind.</em></p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Éduquer implique donc de créer un contexte d’apprentissage, du vécu conscientisé et accompagné.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Pour ma part, en écoutant le public. Pas en lui expliquant, mais en l’écoutant. Les besoins vont s’exprimer à un moment.</p>
</blockquote>
<h3 id="les-gens-ne-viennent-pas-la-question-de-la-mobilisation">« Les gens ne viennent pas » : la question de la mobilisation</h3>
<blockquote>
<p>Ces interventions sont très intéressantes, mais il me semble que ça ne répond pas exactement aux problèmes plus « urgents » rencontrés par les usagers. Éduquer et imaginer un autre numérique, ok, mais si les personnes ne cherchent pas à se former, à quoi peuvent servir ces outils présentés ?</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Les publics rechignent à s’engager dans des parcours d’apprentissage du numérique : ils ne viennent pas aux ateliers, ils veulent une aide ponctuelle, dans l’urgence. Alors, les conseillers numériques ont-ils vraiment leur place ? Les gens veulent-ils vraiment comprendre ? <em>(vécu, mais aussi volontairement provocateur)</em></p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Dans les milieux d’éducation populaire, dans les ateliers de la CAF ou des structures d’accompagnement, on nous dit : « les gens ne viennent pas ».</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Ce n’est pas un problème de com’, on évoque ce sujet depuis plus de 20 ans. Il faut coopérer avec les acteurs qui les connaissent, passer par le faire (fablab…).</p>
</blockquote>
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<p>Il faut aller là où les gens vivent ou passent : marchés, poste, gare. On expérimente le « aller vers » ! Et accepter que certaines personnes n’aillent pas vers le numérique.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Pour les jeunes, proposer des pizzas ; pour les anciens, café, thé, gâteaux partagés. Les méthodes de mobilisation ne changent pas.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Les formats d’éducation populaire (papotes, conférences gesticulées, etc.) sont précieux pour tout ça.</p>
</blockquote>
<h3 id="vie-privée-rien-à-cacher-droit-au-non-numérique">Vie privée, « rien à cacher », droit au non-numérique</h3>
<blockquote>
<p>Le trollage le plus difficile à déminer, c’est « je n’ai rien à cacher ». Deuxième idée : on est toujours le libriste de quelqu’un, et inversement le « corrompu » d’un autre. L’essentiel est de rester ouvert et d’avancer dans des choix informés et conscientisés.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>« Rien à cacher » : si, car vie privée, mais rien à me reprocher. C’est complexe avec les ados.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Choisir et ne pas subir : est-ce que vous incluez le choix de ne pas avoir de smartphone (sachant que ce choix peut exclure de certains dispositifs, empêcher des démarches) ?</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>On devrait pouvoir choisir le non-numérique, dans la vie publique a minima. D’ailleurs, le « droit au non-numérique » commence à faire son apparition. Ce choix n’empêche pas d’avoir besoin d’éducation au numérique, puisqu’à l’échelle collective il est partout, y compris là où on peut le regretter.</p>
</blockquote>
<h3 id="libre-gafam-et-lasymétrie-des-moyens">Libre, GAFAM et l’asymétrie des moyens</h3>
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<p>N’y a-t-il pas une question du côté des outils libres, qui seraient trop tournés vers des « power users » ? Quelqu’un qui n’est pas sincèrement intéressé va chercher au plus simple — et le plus simple, c’est souvent les GAFAM. Il faudrait que les solutions open source soient encore plus simples.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Asymétrie énorme de moyens, aussi.</p>
</blockquote>
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<p>Je suis libriste et linuxien depuis 20 ans, et incapable de pondre une ligne de code. Je reste convaincu que les logiciels libres sont aujourd’hui aussi abordables que les propriétaires.</p>
</blockquote>
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<p>Pour sortir des GAFAM à l’échelle individuelle : commencer par s’inscrire chez un hébergeur alternatif de son entourage (un CHATONS) pour le cloud, le mail et bien d’autres services.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Libre ou pas, ce à quoi il faut veiller c’est l’éthique de l’entreprise choisie. Il est normal de payer le travail des gens et les serveurs ; juste fournir des dividendes à des actionnaires, c’est autre chose.</p>
</blockquote>
<h3 id="verrous-systémiques-et-action-publique">Verrous systémiques et action publique</h3>
<blockquote>
<p>Mon interprétation de pourquoi l’État ne va pas plus dans cette direction, et pourquoi même les personnes sensibilisées restent sur des GAFAM : des verrous systémiques.</p>
</blockquote>
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<p>Ce qui se passe depuis 2017 n’est ni incohérent ni un non-sens. La dématérialisation de l’administration, la fin des conseillers numériques… tout ça est voulu.</p>
</blockquote>
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<p>C’est compliqué en tant que conseiller numérique employé comme fonctionnaire : il faut être neutre, et ce genre de sujet devient « trop politique » pour les supérieurs.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Il y a une grosse méconnaissance des alternatives, et un côté « c’est de la technique, ce n’est pas important » du côté de nombreux collectifs et associations militantes.</p>
</blockquote>
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<p>Plus il y a de numérique dans les démarches administratives, plus il y a de fracture numérique. Il n’y a pas assez d’aide pour celles et ceux qui sont en difficulté.</p>
</blockquote>
<h3 id="financer-la-technocritique">Financer la technocritique</h3>
<blockquote>
<p>Je faisais des ateliers d’éthique numérique, et c’était impossible à faire financer.</p>
</blockquote>
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<p>C’est un vrai problème qu’il y ait de tels enjeux sur l’éthique du numérique et si peu de financement.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Une proposition que je lance, issue du discours du Pape sur l’IA : et si on taxait l’IA pour financer la technocritique ?</p>
</blockquote>
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<p>Est-il possible de gagner sa vie en faisant de l’éducation à un numérique acceptable, et si oui, comment ?</p>
</blockquote>
<h3 id="émancipation-communs-et-futurs-désirables">Émancipation, communs et futurs désirables</h3>
<blockquote>
<p>Le levier le plus important, c’est de changer la vision du monde — le paradigme. Changer la loi, changer les règles du système : ce sont les leviers les plus puissants pour modifier un système.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>La difficulté, c’est de ne pas finir cynique. Il faut réussir à construire des futurs désirables et y croire nous-mêmes. J’ai beaucoup pratiqué des ateliers d’écriture de futurs alternatifs en mission locale, ça marchait bien.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>On parle d’émancipation sans parler de l’accès aux connaissances. On vit une révolution scientifique et on ne donne pas aux citoyens l’accès à ces savoirs.</p>
</blockquote>
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<p>Soit c’est un choix conscient, soit c’est un impensé gravissime.</p>
</blockquote>
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<p>Il faut hacker les formations à l’IA, les détourner de leurs buts. En finir avec la dystopie cogipunk.</p>
</blockquote>
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<p>Je suis étonnée de voir des personnes sensibilisées utiliser des outils « problématiques ». Avant d’aller toucher les non-sensibilisés, il me semble que les sensibilisés doivent montrer la voie.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p>Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est justement la place donnée à la délibération citoyenne, aux désaccords, aux imaginaires possibles.</p>
</blockquote>
<hr>
<h2 id="bibliographie-complète">Ressources partagés dans le chat</h2>
<p>Toutes les ressources partagées dans le chat, regroupées par nature. <em>(31 liens, hors liens personnels et doublons.)</em></p>
<h3>Les liens partagés par Louis</h3>
<ul>
<li><strong><a href="https://louisderrac.com/travailler-avec-moi/">Travailler avec moi</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://louisderrac.com/fichiers/referentiel-numerique-acceptable.html">Référentiel du numérique acceptable</a> (V2)</strong></li>
</ul>
<h3 id="logiciel-libre-alternatives-hébergement-éthique">Logiciel libre, alternatives &amp; hébergement éthique</h3>
<ul>
<li><a href="https://framasoft.org"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Framasoft</strong></a></li>
<li><a href="https://www.chatons.org/"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>CHATONS</strong></a> : Collectif d’Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires</li>
<li><a href="https://www.emancipasso.org/"  class="extlink extlink-icon-1"  > <strong>Emancip’Asso</strong></a> </li>
<li><a href="https://www.metacartes.cc/numerique-ethique/retours-usage-ne/"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Métacartes - retours d’usage</strong></a></li>
<li><a href="https://communaccord.net"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Communaccord</strong></a> </li>
</ul>
<h3 id="souveraineté-numérique-action-publique">Souveraineté numérique &amp; action publique</h3>
<ul>
<li><a href="https://linux.developpez.com/actu/382064/La-DINUM-quitte-officiellement-Windows-pour-Linux-et-impose-a-chaque-ministere-francais-un-plan-de-souverainete-numerique-avant-l-automne-2026-L-Etat-ne-peut-plus-se-contenter-de-constater-sa-dependance/"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>La DINUM quitte Windows pour Linux</strong> (Developpez)</a></li>
<li><a href="https://www.itsense.fr/etat-france-linux-dinum-2026/"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>L’État français et Linux</strong> (Itsense, 2026)</a></li>
<li><a href="https://www.zdnet.fr/blogs/l-esprit-libre/la-commission-europeenne-eleve-le-logiciel-libre-au-rang-de-levier-de-politique-industrielle-495895.htm"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>La Commission européenne érige le logiciel libre en levier industriel</strong> (ZDNet)</a></li>
<li><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/l-education-nationale-prolonge-un-contrat-avec-microsoft-contre-ses-propres-consignes-et-celles-de-l-etat-1070957"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>L’Éducation nationale prolonge un contrat avec Microsoft</strong> (France Inter)</a></li>
<li><a href="https://ecoresponsable.numerique.gouv.fr/actualites/referentiel-competences-beta/"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Référentiel de compétences « numérique écoresponsable »</strong> (beta, DINUM)</a></li>
<li><a href="https://media.anct.gouv.fr/ressources/2025-03/la-societe-numerique-francaise_la-mediation-numerique-au-defi-de-l-eloignement-numerique.pdf"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>La médiation numérique au défi de l’éloignement numérique</strong> (rapport ANCT, PDF)</a></li>
</ul>
<h3 id="acculturation-jeux-mooc">Acculturation, jeux &amp; MOOC</h3>
<ul>
<li><a href="https://www.fun-mooc.fr/fr/cours/impacts-environnementaux-du-numerique/"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>MOOC « Impacts environnementaux du numérique »</strong> (FUN)</a></li>
<li><a href="https://learninglab.gitlabpages.inria.fr/mooc-impacts-num/mooc-impacts-num-ressources/index.html"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Ressources du MOOC Impacts</strong> (accès indépendant, Inria)</a></li>
<li><a href="https://phoneimpact.inria.fr"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>PhoneImpact</strong> (jeu de sensibilisation, Inria)</a> </li>
<li><a href="https://yakamedia.cemea.asso.fr/univers/comprendre/medias-et-numeriques/parcours-cybersurveillance"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Parcours « cybersurveillance »</strong> (Yakamedia, Ceméa)</a></li>
</ul>
<h3 id="ressources-pédagogiques-collectifs">Ressources pédagogiques &amp; collectifs</h3>
<ul>
<li><a href="https://start.me/p/ELRD1a/numrique-responsable"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Veille « numérique responsable »</strong> (start.me)</a> </li>
<li><a href="https://altimpact.fr/dispositif-citoyen-pour-un-numerique-plus-responsable"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Dispositif citoyen pour un numérique plus responsable</strong> (Alt-Impact)</a></li>
</ul>
<h3 id="concepts-lectures-repères">Concepts, lectures &amp; repères</h3>
<ul>
<li><a href="https://larobustesse.org/"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>La Robustesse</strong> (Olivier Hamant)</a></li>
<li><a href="https://larobustesse.org/numerique/"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>La Robustesse - volet numérique</strong></a></li>
<li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Douze_leviers_pour_intervenir_dans_un_syst%C3%A8me"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Douze leviers pour intervenir dans un système</strong> (Donella Meadows, Wikipédia)</a></li>
<li><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_cliquet"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Effet cliquet</strong> (Wikipédia)</a></li>
<li><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Torment_Nexus"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>« Torment Nexus »</strong> (le mème, Wikipédia EN)</a></li>
<li><a href="https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/encyclicals/documents/20260515-magnifica-humanitas.html"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Encyclique de Léon XIV sur l’humanité et l’IA</strong> (Vatican)</a></li>
<li><a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.fr"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Licence Creative Commons BY-SA 4.0</strong></a></li>
</ul>
</div>
            ]]>
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    <entry>
        <title>Ce qui a (déjà) été investi (et perdu) dans l&#x27;IA</title>
        <author>
            <name>Louis Derrac</name>
        </author>
        <link href="https://louisderrac.com/ce-qui-a-deja-ete-perdu-dans-lia/"/>
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        <updated>2026-05-26T16:54:34+02:00</updated>
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                    Alors que le pape vient de sortir son encyclique et que le reste du monde la commente (avec une célérité remarquée au passage), un site a attiré mon attention : Is AI Profitable Yet? Il pose une question simple et donne une réponse visuelle... simple&hellip;
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                <p>Alors que le pape <a href="https://www.la-croix.com/religion/magnifica-humanitas-le-texte-integral-de-l-encyclique-de-leon-xiv-en-pdf-20260525"  class="extlink extlink-icon-1"  >vient de sortir son encyclique</a> et que le <a href="https://restofworld.org/2026/pope-ai-encyclical/"  class="extlink extlink-icon-1"  >reste</a> <a href="https://www.la-croix.com/a-vif/magnifica-humanitas-est-la-premiere-encyclique-a-engager-frontalement-une-dispute-sur-le-salut-20260526"  class="extlink extlink-icon-1"  >du</a> <a href="https://www.la-croix.com/a-vif/thierry-breton-tous-les-geants-de-la-tech-devraient-lire-magnifica-humanitas-l-encyclique-de-leon-xiv-20260525"  class="extlink extlink-icon-1"  >monde</a> <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/sarah-el-hairy-pourquoi-les-heritiers-de-la-democratie-chretienne-doivent-lire-l-encyclique-du-pape-sur-l-ia-20260528"  class="extlink extlink-icon-1"  >la</a> <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/30/anne-alombert-philosophe-leon-xiv-a-partir-de-l-ia-se-livre-a-un-veritable-plaidoyer-pour-l-action-publique_6695281_3232.html"  class="extlink extlink-icon-1"  >commente</a> (avec une célérité remarquée au passage), un site a attiré mon attention : <a href="https://isaiprofitable.com/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Is AI Profitable Yet?</a> Il pose une question simple et donne une réponse visuelle... simple également. Non, l'IA (générative grand public) n'est pas rentable. Selon le site, 1 400 milliards de dollars ont déjà été engloutis dans l'IA depuis 2022... pendant qu'ailleurs, le monde brûle. Même si ces chiffres sont en réalité difficiles à quantifier précisément, cela reste des montants et des ordres de grandeur assez exorbitants. </p>
<p>Ce qui me semble assez clair, c'est que l'industrie de l'IA a englouti des sommes colossales dans des investissements déconnectés des urgences du monde réel. Sur la même période, les financements pour éradiquer la faim, donner accès à l'eau potable, scolariser les enfants et soigner les maladies évitables restaient largement insuffisants. Je ne parle même pas des investissements pour décarboner nos économies et plus largement réduire notre impact sur le vivant.</p>
<p>Cela m'a donc inspiré une autre visualisation qui pose une question simpl(iste) : est-ce qu'on investit vraiment sur les bons problèmes ? Et comment décider, puisque ces priorités ne font jamais l'objet d'un choix collectif ou démocratique ? Une poignée d'acteurs privés (sans mandat public, sans débat citoyen) a décidé où irait l'argent du monde. Une partie de ces milliards est d'ailleurs publique : subventions, crédits d'impôt, financements d'État. C'est aussi notre argent, orienté sans nous. Ce qui me semble vraiment problématique, criminel même, en l'état du monde.</p>
<figure class="post__image"><img loading="lazy" src="https://louisderrac.com/media/posts/479/IAversusmonde.png" alt="Graphique en deux colonnes comparant, sur la même période 2022-2025, les investissements cumulés dans l'IA ($1 150 milliards) avec ce qu'on aurait pu financer simultanément : 3 ans de lutte contre la faim mondiale ($135 Mds), d'accès universel à l'eau potable ($342 Mds), d'éducation universelle ($291 Mds) et de santé mondiale ($150 Mds) — avec $232 milliards restants. À droite, les investisseurs : Amazon ($291 Mds), Alphabet ($262 Mds), Microsoft ($235 Mds), Meta ($227 Mds), et autres acteurs ($135 Mds). Sources : isaiprofitable.com, FAO/WFP, Banque mondiale, UNESCO, OMS. Graphique imaginé par Louis Derrac, CC BY SA." width="1123" height="1413" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" srcset="https://louisderrac.com/media/posts/479/responsive/IAversusmonde-xs.png 640w ,https://louisderrac.com/media/posts/479/responsive/IAversusmonde-sm.png 768w ,https://louisderrac.com/media/posts/479/responsive/IAversusmonde-md.png 1024w ,https://louisderrac.com/media/posts/479/responsive/IAversusmonde-lg.png 1366w ,https://louisderrac.com/media/posts/479/responsive/IAversusmonde-xl.png 1600w ,https://louisderrac.com/media/posts/479/responsive/IAversusmonde-2xl.png 1920w">
<figcaption>Disclaimer : graphique réalisé avec une IA (<a href="https://louisderrac.com/ia">en savoir plus</a>)</figcaption>
</figure>
<h2>Note : ce que cette comparaison ne dit pas (mais que je précise quand même par honnêteté intellectuelle)</h2>
<div class="nuance">
<p><strong>Argent privé ≠ argent public, bien sûr.</strong> Soyons honnêtes et lucides, la majorité de ces milliards sont des capitaux privés en quête de retour sur investissement, pas un budget librement allouable. On ne peut pas (en l'état actuel des lois) décider collectivement de « rediriger » l'argent d'Amazon vers le programme alimentaire mondial. Mais ça donne envie, non ?</p>
<p><strong>Investir pour un ROI (retour sur investissement) ≠ investir pour une cause.</strong> C'est la critique classique. Mais elle mérite d'être retournée : éradiquer la faim, c'est aussi moins de conflits armés, moins de migrations forcées, des marchés émergents plus stables, des économies plus productives. Si on est cynique, les causes humanitaires ont elles-mêmes un retour sur investissement. Sans doute même un meilleur ROI à long terme que la construction de nouveaux data centers...</p>
<p><strong>Les problèmes humanitaires ne manquent pas que d'argent.</strong> Gouvernance, corruption, logistique, volonté politique : l'argent est nécessaire, mais pas suffisant. Ce graphique montre une disproportion de priorités, pas une solution clé en main.</p>
</div>
<p> </p>
            ]]>
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        <title>Quelques nouvelles : plusieurs gros projets en cours, je vous en dévoile deux</title>
        <author>
            <name>Louis Derrac</name>
        </author>
        <link href="https://louisderrac.com/trois-projets-en-cours-et-jen-devoile-un-arclunum/"/>
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            <category term="Travail indépendant"/>
            <category term="Projets et interventions"/>
            <category term="Blog"/>

        <updated>2026-05-26T11:59:15+02:00</updated>
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                    Voici quelques nouvelles de mes activités et de mes projets. De quoi compléter la page en ce moment. Depuis avril, je m'investis principalement sur deux missions. Pour la Mednum et l'ANCT, je suis en train de finaliser la rédaction d'un guide sur la parentalité à&hellip;
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                <p>Voici quelques nouvelles de mes activités et de mes projets. De quoi compléter la page <a href="https://louisderrac.com/en-ce-moment/">en ce moment</a>.</p>
<p>Depuis avril, je m'investis principalement sur deux missions. Pour la Mednum et l'ANCT, je suis en train de finaliser la rédaction d'un guide sur la parentalité à l'ère du numérique, à destination des actrices et acteurs de la médiation numérique. Dans la droite ligne de mon précédent <a href="https://louisderrac.com/realisations/guide-de-culture-numerique/">guide de culture numérique</a>. Je me réjouis à l'avance de ce travail, qui je l'espère sera aussi apprécié que le précédent. Je travaille également pour Latitudes (disclaimer : mon ancien employeur 😝) sur la mise en œuvre d'une stratégie de déploiement des ateliers Futurs numériques.</p>
<p>Ces deux missions ne m'occupent pas à plein temps, et mes deux enfants sont davantage gardés qu'avant. Je retrouve donc quelque chose auquel je n'avais pas goûté depuis un bon moment. Du temps. Du temps pour penser, rêver, lire, me projeter, développer de nouvelles idées. Du temps aussi pour réfléchir à ce que j'ai envie de faire, dans quelle direction je désire orienter mes activités d'indépendant, maintenant que je sais que c'est la forme de travail qui me convient le mieux.</p>
<p>Je suis donc en <a href="https://louisderrac.com/travailler-avec-moi/">recherche active de missions</a> autour de mes domaines d'expertises : direction de projet, conception, rédaction, conférences autour des enjeux du numérique, de l'éducation au numérique et des numériques acceptables. </p>
<p>Je suis bien conscient que la période n'est pas idéale - c'est un euphémisme - pour les indépendant·es et plus largement pour toutes celles et ceux qui travaillent autour de mes sujets (éducation technocritique et émancipatrice, numérique responsable/acceptable, etc.). C'est d'ailleurs paradoxal, car il n'y a jamais eu autant d'argent déversé dans le monde numérique. <span style="font-size: inherit;">Sauf que bien sûr, cet argent n'est pas dépensé pour un numérique d'intérêt général, ou pour l'éducation et la compréhension critique de ce même monde numérique. Cela semblerait relever du bon sens quand on voit les inquiétudes et le mouvement de rejet, souvent justifié mais parfois irrationnel, que soulèvent déjà l'irruption de l'IA. Mais non, tout l'argent est dépensé (littéralement cramé, au vu des pertes du secteur) dans l'IA générative grand public. Le reste attendra...</span></p>
<p>Bref, la période n'est pas idéale, donc. Et soyons honnêtes, ce n'est pas vraiment parti pour s'améliorer. Pour moins dépendre de « moyens et gros clients », j'ai donc décidé d'essayer de diversifier mes sources de revenus et de développer plusieurs projets en parallèle. Aujourd'hui, je voudrais vous dévoiler deux d'entre eux.</p>
<figure class="post__image post__image--center"><img loading="lazy"  src="https://louisderrac.com/media/posts/478/arclunum-C-jaune-sur-bleu.png" alt="" width="400" height="200" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" srcset="https://louisderrac.com/media/posts/478/responsive/arclunum-C-jaune-sur-bleu-xs.png 640w ,https://louisderrac.com/media/posts/478/responsive/arclunum-C-jaune-sur-bleu-sm.png 768w ,https://louisderrac.com/media/posts/478/responsive/arclunum-C-jaune-sur-bleu-md.png 1024w ,https://louisderrac.com/media/posts/478/responsive/arclunum-C-jaune-sur-bleu-lg.png 1366w ,https://louisderrac.com/media/posts/478/responsive/arclunum-C-jaune-sur-bleu-xl.png 1600w ,https://louisderrac.com/media/posts/478/responsive/arclunum-C-jaune-sur-bleu-2xl.png 1920w"></figure>
<p><a href="https://arclunum.fr/"  class="extlink extlink-icon-1"  ><strong>Arclunum</strong></a>. Je lance mon activité de services à la personne en Savoie, et plus précisément, en Combe de Savoie où j'habite depuis quelques années. Cette activité, tournée vers les particuliers comme les organisations (TPE/PME, collectivités, associations), vise à proposer des accompagnements variés et concrets pour un « numérique acceptable », au niveau individuel ou collectif. Cela va du dépannage informatique à de la transformation numérique. Si vous connaissez des gens et des organisations susceptibles d'être intéressées, n'hésitez pas à leur parler d'Arclunum. Pour les curieux·ses, Arclunum est le diminutif d'Arclusaz numérique, en hommage à la dent d'Arclusaz, qui domine fièrement la combe de Savoie. Je suis vraiment content de lancer cette activité, parce que j'adore accompagner directement des personnes et des collectifs.</p>
<p><strong><a href="https://alternatives-numeriques.fr/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Alternatives numériques</a></strong>. Le mois dernier, je vous ai sondé sur l'intérêt de créer du contenu technocritique et alternumérique, dans un paysage informationnel déjà bien saturé. Vous avez été une cinquantaine à me répondre (merci !), ce qui me permet de préparer la refonte sous stéroïdes d'Alternatives numériques, que j'ai lancé en 2022. Tout n'est pas encore décidé, loin de là, mais je me projette sur trois types de contenus mensuels : </p>
<ul>
<li>la présentation d'alternatives numériques. Pour explorer des alternatives concrètes qui nous respectent. Des logiciels, du matériel, des dispositifs. </li>
<li>le meilleur de ma veille commentée (nouveau !). Pour vous faire gagner du temps sur votre propre veille et compréhension du monde numérique, je vous propose chaque mois le meilleur de ma veille, et ce que j'en pense en résumé.</li>
<li>un éclairage, un retour d'expérience, une enquête, un décryptage pédagogique, ou une ressource (nouveau !)</li>
</ul>
<p>Il y aura sans doute une boite à outil également, qui s'enrichira au fur et à mesure, mais il faut que je vois encore comme j'articule ça avec <a href="https://numeriquoi.fr/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Numériquoi</a>, ma ressource éducative libre d'éducation critique au numérique. Autre projet à relancer (ou pas) 😅</p>
<p>Comme déjà annoncé, ce média, probablement propulsé par Ghost et hébergé chez un acteur comme <a href="https://www.magicpages.co/"  class="extlink extlink-icon-1"  >Magic Pages</a>, sera <em>freemium</em>. Il sera possible (et très clairement encouragé !) de soutenir (et cofinancer par conséquent) mon travail de rédaction en s'y abonnant à prix libre. L'objectif pour moi, je le rappelle, est de diversifier mes sources de revenus. Rassurez-vous, l'essentiel des articles seront gratuits, ou tous après un certain temps. Il seront toujours partagés sous licence CC BY SA. Je serais très preneur de vos retours si vous en avez (<a href="mailto:louis.pro@derrac.com">contactez-moi</a>). Je vise un démarrage pour l'été, septembre au plus tard. Je dois dire que j'ai assez hâte. Vous le savez, j'adore écrire, et j'espère pouvoir y consacrer beaucoup plus de temps en étant (au moins un petit peu) rémunéré pour ça.</p>
<hr>
<p>Voilà pour cette fois. Je fourmille d'autres projets en ce moment, tous plus fous les uns que les autres. Une série de webinaires et de masterclass sur les enjeux du numérique acceptable, un podcast de réflexion technocritique, un livre sur le défi d'éduquer à un numérique acceptable, une BD grand public pour comprendre l'histoire du numérique et les enjeux d'aujourd'hui (si vous connaissez des éditeurs, <a href="mailto:louis.pro@derrac.com">contactez-moi</a> !). Et quelques autres dont je vais encore un peu garder le secret, car certains sont très sérieux et vont sortir d'ici à l'été. Quel suspense !</p>
<p>Vous l'aurez compris, derrières ces idées et ces projets, je suis en train de repenser mon modèle économique pour m'adapter à une situation qui évolue. D'un côté, j'ai un positionnement plus engagé qu'auparavant (même si je précise que je suis bien sûr capable de travailler avec des structures et des personnes qui ne pensent pas comme moi !), même si je l'ai <a href="https://louisderrac.com/bilan-2022-et-maintenant/">formalisé dès 2022</a>. De l'autre, les financements publics et privés baissent et les missions avec. Sans oublier mes enfants adorés qui occupent désormais l'essentiel de mon temps les soirs et weekend. Jusqu'à maintenant, j'ai toujours pu écrire, créer et partager sur ce site et ailleurs, sans compter mon temps et sans avoir réellement besoin d'être rémunéré pour ça. Mon système fonctionnait bien. Les choses ont changé par petites touches. Cela fait longtemps que j'ai une page permettant de <a href="https://louisderrac.com/me-soutenir/">me soutenir</a>. J'y explique notamment pourquoi je propose qu'on me soutienne. Je l'ai systématiquement mise à jour en fonction de ma situation : salarié à temps plein ou à temps partiel, indépendant sans réels besoins financiers, etc.</p>
<p>En bref, si vous trouvez de la valeur dans ce que je partage, n'hésitez pas à me soutenir si vous le pouvez (moi et les autres, hein !). Et quand sortira Alternatives numérique V2, n'hésitez pas à vous y abonner (vous pouvez déjà le faire en attendant en attendant la sortie). En attendant, il est toujours possible de parler d'Arclunum à vos relations savoyardes, ou de me proposer de belles missions !</p>
<p>Merci, et à très vite sur les internets !</p>
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        <title>Les milles et une facettes de l&#x27;éducation au numérique</title>
        <author>
            <name>Louis Derrac</name>
        </author>
        <link href="https://louisderrac.com/les-milles-et-une-facettes-de-leducation-au-numerique/"/>
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            <category term="Éducation"/>
            <category term="Numérique"/>
            <category term="Carnet"/>
            <category term="Blog"/>

        <updated>2026-05-19T10:17:41+02:00</updated>
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                    Hasards du calendrier, puisque je suis actuellement en plein dans la préparation de mon webinaire sur « le défi d'éduquer à un numérique acceptable », j'ai vu passer cette tribune signée par Numeum et plusieurs acteurs du numérique français. OPINION. « Sans réforme de l’enseignement informatique,&hellip;
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                <p>Hasards du calendrier, puisque je suis actuellement en plein dans la préparation de mon webinaire sur « le défi d'éduquer à un numérique acceptable », j'ai vu passer cette tribune signée par Numeum et plusieurs acteurs du numérique français.</p>
<p class="msg msg--info"><a href="https://www.latribune.fr/article/idees/140309456735814/opinion-sans-reforme-de-l-enseignement-informatique-l-illusion-dune-france-numerique-forte-et-independante"  class="extlink extlink-icon-1"  >OPINION. « Sans réforme de l’enseignement informatique, l’illusion d'une France numérique, forte et indépendante »</a></p>
<p>J'ai voulu réagir rapidement.</p>
<p>D'accord avec les signataires de cette tribune pour mettre plus d'éducation au numérique à l'école, mais moins sur le fait que ce soit au travers de l'enseignement informatique (qui a déjà été bien servi ces dernières années).</p>
<p>À mon avis, ce n'est pas au collège ou au lycée qu'on formera les expert·es du monde numérique, c'est le rôle de l'enseignement supérieur... Au collège et au lycée, la priorité absolue est une éducation technocritique, réflexive et politique aux enjeux du numérique (qui incluent la cybersécurité et l'IA évidemment). Il s'agit de former les citoyennes et citoyens d'un monde numérique. Sur une génération apprenante, quelques-un·es seulement deviendront des expert·es et des professionnel·les du secteur, mais tout le monde sera citoyen·ne de ce monde numérique.</p>
<p>Je pense que nous sommes largement d'accord, surtout sur la conclusion (« former des citoyens libres, éclairés et capables de comprendre »). Mais à mon sens c'est plus une affaire de culture numérique critique, et pas d'informatique (entre autres, ça n'implique pas les mêmes disciplines et les mêmes enseignants).</p>
<h2>À lire aussi</h2>
<p><a href="https://www.culture-numerique.fr/?p=7593"  class="extlink extlink-icon-1"  >Le numérique, comme paysage et culture, n’appartient en propre à personne, et surtout pas aux informaticiens</a></p>
<p><a href="https://next.ink/22514/88717-interview-initier-enfants-au-code-pas-urgent-selon-benjamin-bayart/"  class="extlink extlink-icon-1"  >[Interview] Initier les enfants au code ? « Pas urgent » selon Benjamin Bayart</a></p>
            ]]>
        </content>
    </entry>
    <entry>
        <title>Passage sur Papot’Cast, le podcast d&#x27;Acoustice</title>
        <author>
            <name>Louis Derrac</name>
        </author>
        <link href="https://louisderrac.com/passage-sur-papotcast-le-podcast-dacoustice/"/>
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            <category term="Éducation"/>
            <category term="Intervention"/>
            <category term="Blog"/>

        <updated>2026-05-18T15:22:44+02:00</updated>
            <summary type="html">
                <![CDATA[
                        <img src="https://louisderrac.com/media/posts/476/matt-botsford-OKLqGsCT8qs-unsplash-dithered.png" alt="Une image de micro" />
                    J'ai eu le très grand plaisir d'échanger pendant 1h avec Fabien Paquereau et Marc Nayrolles sur Papot'Cast, le podcast acoustice sur les usages du numérique, destiné à l'enseignement agricole. C'est la première fois que j'ai la possibilité de présenter aussi longuement mes réflexions sur l'éducation au&hellip;
                ]]>
            </summary>
        <content type="html">
            <![CDATA[
                    <p><img src="https://louisderrac.com/media/posts/476/matt-botsford-OKLqGsCT8qs-unsplash-dithered.png" class="type:primaryImage" alt="Une image de micro" /></p>
                <p>J'ai eu le très grand plaisir d'échanger pendant 1h avec Fabien Paquereau et Marc Nayrolles sur Papot'Cast, le podcast <a href="https://acoustice.educagri.fr/?PagePrincipale"  class="extlink extlink-icon-1"  >acoustice</a> sur les usages du numérique, destiné à l'enseignement agricole.</p>
<p>C'est la première fois que j'ai la possibilité de présenter aussi longuement mes réflexions sur l'éducation au numérique acceptable, un très grand merci à Fabien pour cette invitation. Merci également à Marc pour ses réactions toujours très ancrées avec les réalités de l'enseignement agricole. Et voilà le résultat en podcast.</p>
<div class="post__iframe"><iframe loading="lazy" width="100%" height="200" src="https://papotcast.rootsbinsons.fr/@fabienpaquereau/episodes/s2-ep6-le-defi-deduquer-a-un-numerique-acceptable/embed" frameborder="0" scrolling="no"></iframe></div>
<p>Vous constaterez que Fabien a le bon goût de propulser la plateforme Acoustice avec <a href="https://yeswiki.net/?PagePrincipale#"  class="extlink extlink-icon-1"  >Yeswiki</a> et son Podcast avec <a href="https://castopod.com/fr"  class="extlink extlink-icon-1"  >Castopod</a>. Deux logiciels libres et communautaires, d'utilité publique. J'applaudis des deux mains.</p>
<p>Et la sortie de cet épisode tombe bien puisque le 3 juin, à 17, nous proposons à plusieurs un webinaire sur « le défi d'éduquer à un numérique acceptable ». Déjà 140 inscrit·es, <a href="https://app.livestorm.co/louisderrac/le-defi-deduquer-a-un-numerique-acceptable"  class="extlink extlink-icon-1"  >rejoignez-nous</a> pour ce temps participatif !</p>
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        <title>Webinaire « Le défi d&#x27;éduquer à un numérique acceptable » : J-16</title>
        <author>
            <name>Louis Derrac</name>
        </author>
        <link href="https://louisderrac.com/webinaire-le-defi-deduquer-a-un-numerique-acceptable-j-16/"/>
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            <category term="Blog"/>

        <updated>2026-05-18T15:04:05+02:00</updated>
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                    📆 (Re)visionnez le webinaire « Le défi d'éduquer à un numérique acceptable », qui s'est tenu le 3 juin à 17h Je pense que le thème de notre webinaire, et le contexte actuel, vont m'inspirer quelques mèmes. Voici le premier d'une petite série, et le&hellip;
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                <p class="msg msg--warning"><strong>📆 <a href="https://louisderrac.com/le-defi-deduquer-a-un-numerique-acceptable-rediffusion-du-3-juin-2026/">(Re)visionnez le webinaire « Le défi d'éduquer à un numérique acceptable », qui s'est tenu le 3 juin à 17h</a></strong></p>
<p>Je pense que le thème de notre webinaire, et le contexte actuel, vont m'inspirer quelques mèmes. Voici le premier d'une petite série, et le message que j'ai partagé sur les réseaux sociaux pour l'accompagner.</p>
<figure class="post__image"><img loading="lazy"  src="https://louisderrac.com/media/posts/475/framameme1.png" alt="Basé sur le Mème original : Drake don't like / like. En haut : Proposer une éducation technocritique au numérique. En bas : Former à l'IA générative (éthique, frugale, sobre et d'intérêt général)" width="876" height="876" sizes="(max-width: 1920px) 100vw, 1920px" srcset="https://louisderrac.com/media/posts/475/responsive/framameme1-xs.png 640w ,https://louisderrac.com/media/posts/475/responsive/framameme1-sm.png 768w ,https://louisderrac.com/media/posts/475/responsive/framameme1-md.png 1024w ,https://louisderrac.com/media/posts/475/responsive/framameme1-lg.png 1366w ,https://louisderrac.com/media/posts/475/responsive/framameme1-xl.png 1600w ,https://louisderrac.com/media/posts/475/responsive/framameme1-2xl.png 1920w"></figure>
<p><span class="_19377e04 a9023f58" tabindex="-1" data-testid="expandable-text-box">Déjà 140 inscrit·es pour le webinaire "le défi d'éduquer à un numérique acceptable". Ça fait plaisir ☺️ Plein de profils différents, et c'est trop cool, ça promet un moment passionnant !<br><br>Avec tous les enjeux du moment (rouleau compresseur de l'IA, tensions géopolitiques, enjeux écologiques et sociaux...), on n'a jamais autant eu besoin d'éducation au numérique, tout au long de la vie. Et je parle bien d'une éducation technocritique, réflexive, politique. Pas d'une formation aux (bons) usages (de l'IAgen).<br><br>Et pourtant (et c'est peut-être ma bulle de filtre qui veut ça, dites-moi ce que vous en pensez), j'ai l'impression qu'on ne parle presque plus d'éducation au numérique. D'une vraie éducation au numérique ambitieuse, qui forme les citoyennes et citoyens d'un monde numérique qui accélère encore. Les principaux acteurs concernés (les profs, les acteurs associatifs, les conseillers et médiateurices numériques) sont lessivés par les injonctions contradictoires, les centaines de « priorités » ou les coupes budgétaires.</span></p>
<p><span class="_19377e04 a9023f58" tabindex="-1" data-testid="expandable-text-box">Bref, l'éducation (technocritique) au numérique a toujours été le parent pauvre de l'éducation au numérique, qui était déjà le parent (très) pauvre du numérique éducatif. Qui lui-même n'a jamais été très riche. Ce qui finit par ne pas laisser grand-chose pour un sujet aussi massif, stratégique, démocratique.<br><br>Alors si ce sujet vous semble important, et que vous voulez en parler avec nous, n'hésitez pas à vous joindre à nous ! Le format évoluera en fonction de l'intérêt 😊</span></p>
<p><a href="https://app.livestorm.co/louisderrac/le-defi-deduquer-a-un-numerique-acceptable"  class="btn extlink extlink-icon-1"  >S'inscrire</a></p>
<p> </p>
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