Alternatives numériques

Hello ! Je propose des prestations de conseil et des formations pour vous accompagner sur votre réflexion et/ou votre mise en place d’alternatives numériques, en indépendant ou dans le cadre du collectif Resnumerica.

Cette page a pour but de servir de pense-bête et de base de départ à celles et ceux qui veulent chercher des alternatives numériques. Car sachez une chose, des alternatives, il y en a PLEIN (trop peut-être) ! Alors cherchons-les, testons-les, implémentons-les, contribuons-y, donnons leur de l’argent ou du temps !

Les enjeux éthiques des outils numériques

Connaissez-vous les enjeux éthiques qui gravitent autour d’un service web ? Souvent, ils s’entrecroisent, parfois ils se contredisent : en fait ils sont multiples. En voici quelques-uns, dans le désordre1.

La centralisation d’Internet et du web2. Internet a été construit pour être un système décentralisé : chaque ordinateur est connecté aux autres et peut héberger des données, ce qui crée un système théoriquement très résilient. Car si un ordinateur tombe il y en a des milliards d’autres. Mais notre dépendance à de très gros acteurs a conduit Internet à se recentraliser. Un exemple : si Google n’était pas accessible pendant ne serait-ce qu’une heure, la plupart des internautes ne pourrait plus naviguer sur le web.

La question écologique. Les services web polluent. Ils consomment de l’énergie, ils sont hébergés dans des datacenters qui ont nécessité des métaux rares dont l’extraction est très polluante, etc.

Le capitalisme de surveillance3 et l’économie de l’attention4. Les services web des grandes plateformes sont pour la plupart construits autour du modèle économique de la publicité. Pour faire simple : ils siphonnent nos données, font tout pour capter notre attention, et façonnent notre vision du monde.

La « souveraineté numérique5 » : privilégier des services hébergés en France, en Europe plutôt qu’aux États-Unis ou en Asie.

Les valeurs autour du logiciel : logiciel libre vs logiciel propriétaire. Pour la Free Software Foundation, le « logiciel libre » [free software] désigne des logiciels qui respectent la liberté des utilisateurs. En gros, cela veut dire que les utilisateurs ont la liberté d’exécuter, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer ces logiciels. ». Pour en savoir plus.

Quelles sont les dimensions d’une alternative numérique ?

Sur quelles dimensions peut-on reconnaître, et a fortiori choisir, une alternative numérique ? Les libristes jureront par le caractère open source du programme, les écolos sur sa sobriété, les défenseurs de la vie privée sur le chiffrage des données, etc. Mais est-ce qu’une alternative numérique n’a pas besoin d’être un peu de tout ça ?

Voilà comment je structure aujourd’hui les différentes dimensions d’une alternative numérique. C’est en fonction de chacun d’eux que j’essaie de faire les choix les plus adaptés à mes situations.

  • La dimension libre et open source : l’ouverture, au moins partielle, du code informatique pour pouvoir en comprendre le fonctionnement a minima.
  • La dimension écologique : la durabilité du matériel, la sobriété du code informatique (low code, no code, low tech).
  • La dimension économique : le modèle économique est juste, il permet de faire vivre correctement les contributeurices.
  • La dimension protection de la vie privée et des données personnelles : l’alternative numérique recherche le “privacy by design”, du matériel et logiciel qui respectent nos données personnelles, en captent le moins possible et les stockent le moins longtemps possible. L’alternative numérique s’emploie à crypter le plus possible les données.
  • La dimension inclusive : l’alternative numérique s’attache à créer des outils accessibles, ergonomiques, égalitaires. Elle intègre que les technologies numériques ont tendance à renforcer toutes les inégalités sociales, économiques et culturelles.
  • La dimension conviviale : l’alternative numérique s’attache à être conviviale6, ne crée pas de dépendance inutile (captologie), n’impose pas un écosystème fermé (interopérable). L’alternative numérique élargit le rayon d’action personnel, elle ne le rétrécit pas.
  • La dimension éthique : l’alternative numérique se construit dans des conditions éthiques, respect des personnes (salariés, clients, fournisseurs), respect du droit, respect de la morale.

La première alternative numérique, c’est aussi le choix du non numérique. Pas besoin de s’échiner à trouver l’outil numérique parfait, quand l’outil non numérique fonctionne. Parfois également, trouver l’outil numérique parfait est impossible (par exemple la sécurité, ou la vie privée absolue, n’existent pas dans un monde numérique).

Réflexion issue de mon article Les dimensions d’une alternative numérique.

Des sites pour trouver les offres alternatives

D’abord, il existe maintenant plusieurs catalogues très complets permettant de trouver des logiciels et services alternatifs. Voici les principaux :

Framalibre : l’un des premiers annuaires du libre, maintenu par l’incontournable association Framasoft.

Correspondance entre logiciels libres et logiciels propriétaires (article Wikipedia): Cet article recense une liste de choix alternatifs libres proposant des fonctionnalités proches de logiciels propriétaires bien établis dans leur domaine d’application. Cette liste n’est pas exhaustive.

Les alternatives éthiques : Sur le wiki d’Herminien, plein d’alternatives éthiques que l’auteur a pu lui-même tester et utiliser.

Chatons : Le collectif vise à rassembler des structures proposant des services en ligne libres, éthiques et décentralisés afin de permettre aux utilisateur⋅ices de trouver rapidement des alternatives respectueuses de leurs données et de leur vie privée aux services proposés par les GAFAM

switching.software (EN) : Des alternatives éthiques aux grands logiciels, faciles à utiliser et qui font gaffe aux questions de vie privées

Privacy Tools (EN) : PrivacyTools propose des services, outils et connaissance pour protéger votre vie privée contre les dispositifs de surveillance de masse.

Pour commencer : une sélection d’alternatives numériques

Il y a des millions d’alternatives, mais si vous voulez aller vite, je vous propose une sélection personnelle. Je pars du principe que vous démarrez de zéro donc je ne liste que des alternatives grand public.

Toutes ces alternatives correspondent à l’idée que je me fais d’un numérique convivial : un prix juste, un logiciel qui ne vous rend pas dépendant : multiplateforme, interopérable, les données s’exportent facilement, etc.

Si vous cherchez des trucs plus fouillés, creusez !

Hardware

  • Fairphone : le smartphone réparable de référence
  • Shift : un smartphone modulaire made in Germany
  • Framework : l’ordinateur réparable et modulable
  • Why : des ordinateurs entièrement démontables et réparables
  • Commown : la coopérative qui loue du matériel informatique

Franchement vous n’avez plus de raisons de garder un navigateur comme Google Chrome qui ne vous respecte pas…

Moteurs de recherche

Et vous pouvez aussi naviguer sur le web… sans moteur de recherche ! Allez sur Wikipedia par exemple, et laissez-vous aller de clics en clics, voyez, explorez !

Client mail

Analytics

Et vous pouvez aussi vous demander si vous avez vraiment besoin de données sur votre site. Et si oui, pourquoi et lesquelles ?

Création de site

  • WordPress
  • Drupal
  • Joomla

Webconférence

Boite mail

Prise de notes synchronisées

Messagerie instantanée

Gestionnaire de mots de passe

  • Bitwarden (gratuit avec offre supplémentaire payante)

Autres services

À suivre, le mouvement des licoornes qui ont pour but de proposer des modèles économiques alternatifs et dont plusieurs proposent des services numériques.

Autres ressources sur le même thème

Photo à la une de Alexander Schimmeck on Unsplash

Notes de bas de page

  1. Les commentaires sont ouverts à vos suggestions
  2. Redécentralisation sur Wikipedia
  3. Un capitalisme de surveillance, de Shoshana Zuboff 
  4. Économie de l’attention sur Wikipedia
  5. Souveraineté numérique sur Wikipedia
  6. Lire mon article : Apple et la convivialité