Je vais délaisser Twitter (et rationner le reste)

Depuis quelques semaines1, je réfléchis à une stratégie qui me permettrait de ne pas totalement « disparaître » des réseaux sociaux, tout en réduisant significativement le temps que je passe dessus. Je ne suis pas le premier2, je ne serai pas le dernier3. Cette décision n’est pas liée directement au rachat de Twitter par Elon Musk. Ça me trotte dans la tête depuis très longtemps, et disons que le rachat Muskien m’aura servi de prétexte pour réduire la dissonance cognitive entre mes idées et mes actes. Je précise aussi que ce que j’exprime dans cet article reflète mon rapport, forcément personnel, aux réseaux sociaux. Il est donc évident que ça ne parlera pas de la même façon à chacun·e d’entre vous.

Réduire significativement sans disparaître (pour le moment)

Pourquoi réduire ? D’abord parce que je n’aime pas vraiment ça, Twitter et LinkedIn. De manière générale, je n’aime pas ce que sont devenus les réseaux sociaux dominants, en tout cas vu depuis ma bulle de filtre. Tant pis si ça fait nostalgique ou vieux con de le dire, oui, je trouve que c’était mieux avant. Quand il y avait moins de quantité, plus de qualité. Moins d’algorithmes, moins de pub, moins d’attention, moins de toxicité. C’était quand déjà ?

Voilà, je n’aime pas ces réseaux. Je ne supporte plus l’agressivité et la radicalité qu’il faut fuir, les susceptibilités qu’il faut ménager, quitte à s’autocensurer. Oui, je suis trop sensible pour échanger ou débattre sereinement sur une plateforme comme Twitter. Et paradoxalement, trop militant pour me taire. Dans un autre domaine, je ne supporte plus plus le déballage constant de gloubiboulgas pro/perso pas toujours authentiques. Ça c’est particulièrement sur LinkedIn. Je n’ai plus envie de me forcer à jouer ce jeu malsain, sous le prétexte (que je me suis moi-même donné) d’en avoir besoin pour être audible, en tant qu’auteur d’articles, en tant qu’indépendant à la recherche de missions, en tant que citoyen avec des idées à faire passer.

Et pourquoi ne pas simplement disparaître ? C’est une bonne question, ça viendra peut-être d’ailleurs. Sans doute parce que je pense toujours que les réseaux sociaux sont (malheureusement) utiles, sinon indispensables, pour relayer a minima mes articles et ma veille, à défaut de pouvoir réellement converser dessus. Peut-être aussi par un mélange d’égo, de peur de la disparition et de l’oubli. Peut-être enfin parce que si je ne suis plus sur ces réseaux, les derniers qui me restent, j’ai peur de vivre dans une dimension totalement différente du web et de ne plus comprendre le monde et les gens qui m’entourent…

Ma stratégie pour réduire significativement ma présence sur Twitter

J’ai d’abord mis en place quelques automatisations avec IFTTT. La première, pour que ma veille soit partagée automatiquement sur Twitter. La deuxième, du même genre, pour partager automatiquement les articles publiés sur mon site. Je vais donc logiquement beaucoup plus écrire sur mon site, et notamment des billets courts, de blog, et plus seulement des articles longs, de réflexion. J’ai déjà commencé, et j’aime beaucoup ça. J’ai enfin mis en place d’une série d’automatisation pour que mes articles et ma veille partagées sur Twitter soient relayées sur Mastodon, et inversement. Pour ça j’utilise Mastodon Crossporter avec quelques règles, car par défaut tout est crossporté.

J’ai ensuite rédigé une page pour expliquer le principe de ma présence sur Twitter (et LinkedIn), ce que j’y faisais et surtout, ce que je n’y faisais pas. Je vais publier le lien de cette page sur mon profil Twitter, après mon message de présentation. Pareil, je vais publier une rapide enfilade sur Twitter pour résumer mes arguments, concluant par le lien de cette même page. Et pour fini, je vais épingler cette enfilade à mon profil.

Pourquoi cette stratégie ?

Sans totalement disparaître, cette stratégie devrait me permettre de réduire ma dépendance aux réseaux sociaux. À la fois dans mon propre usage, puisque je vais y passer (beaucoup) moins de temps. Mais aussi et surtout dans leur capacité à m’amener du trafic. Car l’objectif est que si mon contenu vous intéresse, vous passiez « en direct », sans l’intermédiaire de ces réseaux. Et ça m’amène à la réflexion suivante : comment mieux communiquer entre nous ?

Communiquer mieux

Les blogs et sites personnels par la magie du flux RSS

Le temps que je passais sur les réseaux sociaux, je vais le passer à vous lire plus assidûment. Sur vos blogs, vos sites, ou les autres médias que lesquels vous vous exprimez. J’étais déjà un grand adepte de l’abonnement par flux RSS, donc mes habitudes vont peu changer, si ce n’est que je vais largement étendre mes filets. Vous aussi, si vous aimez ce que j’écris, suivez-moi directement grâce à mon flux RSS. Vous n’avez plus d’excuses, j’ai écrit un petit article pour réexpliquer comment ça marche, et surtout pour vous partager pourquoi il me semble qu’il est de plus en plus essentiel de ne pas entièrement dépendre d’infomédiaires dans son accès à l’information.

Les commentaires

Je sais que vous avez la flemme d’écrire un commentaire. Moi aussi, quand je suis sur le site des autres. Et si on faisait un effort, vous et moi ? Avec le temps gagné sur les réseaux, pourquoi ne pas commenter moins, mais mieux ? Au lieu de faire 10 RT avec un bout de phrase (et le plus souvent, rien du tout) pour nourrir le réseau d’un autre (on est littéralement tous collectivement en train de créer de la valeur – nos réflexions – sur un réseau où personne n’a aucun contrôle), je vais plutôt m’attacher à écrire des commentaires un peu construits sur les articles qui m’auront interpellé, stimulé ou agacé. Moins, mais mieux.

La newsletter et les mails

Si le flux RSS n’est pas pour vous, vous pouvez vous abonner à ma newsletter ! C’est max une fois par mois (plutôt moins d’ailleurs), c’est un mélange de partage d’infos sur mes projets, mes articles et ma veille. Vous pouvez donc rester en lien avec moi, me répondre directement par mail, et vous désabonner le jour où vous n’êtes plus intéressés !

La sérendipité

Vous pouvez aussi ne vous abonner ni au flux RSS, ni à la newsletter, et venir quand vous voulez. J’écris quelques articles par mois, en général un article de fond et quelques billets de blog de partage. Donc si vous venez tous les 2-3 mois, vous devriez avoir un peu de lecture. Mon site est assez riche, vous pouvez largement vous perdre dedans en cherchant des ressources, en cherchant un article, et vous diriger vers d’autres sites et blogs qui n’attendent que d’être (re)découverts. Pour revenir à l’esprit du web, soyons (beaucoup) plus curieux !

Un dernier réseau social ?

Twitter est un réseau social que je n’aime pas, ET qui a un modèle toxique. Mastodon, dont j’ai déjà parlé, est un réseau social où je n’aime pas non plus m’éterniser, MAIS qui a un modèle plus vertueux. Ce sera donc mon dernier réseau social d’échange rapide, en dehors des commentaires, des mails, des appels téléphoniques ou des canaux Mattermost (rejoignez-nous sur celui de Resnumerica !). N’hésitez donc pas à me suivre sur ce réseau, je vous suivrai en retour. Et on verra où ça nous mène.


Merci beaucoup pour votre lecture ! N’hésitez pas à partager vos propres réflexions, vos désaccords, ou votre propre stratégie !

Photo à la une de Dominik Scythe sur Unsplash


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Notes de bas de page

  1. Lire mon article Le freelance et les réseaux sociaux
  2. Chapitre 8 : l’artiste déconnecté, publié sur le site de Ploum
  3. Le RSS n’est pas à vendre, publié sur le site de Anthony Nelzin

2 réflexions au sujet de “Je vais délaisser Twitter (et rationner le reste)”

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