L’indépendant et les réseaux sociaux

Depuis quelques temps maintenant, je m’interroge sur ma présence sur les réseaux sociaux. Je suis même tiraillé entre plusieurs injonctions contradictoires, que je vais essayer de partager avec vous dans ce court article. Il tombe à point nommé dans l’actualité, puisqu’à l’heure où j’écris, Elon Musk est en train d’essayer de racheter la totalité de Twitter.

Être ou ne pas être… sur les réseaux sociaux

Je n’ai jamais été un énorme fan des réseaux sociaux. À l’époque où j’avais Facebook (j’ai quitté définitivement le réseau de Mark en 2016, sans regrets), mes seuls autres réseaux sociaux étaient Twitter et LinkedIn. Donc les mêmes qu’aujourd’hui, à l’exception de Mastodon qui s’est rajouté récemment, et plus pour des raisons d’affinités avec le projet que pour de vraies pratiques distinctes de Twitter. Je n’ai jamais été attiré par Instagram qui est pourtant un réseau de ma génération. Encore moins par Snapchat, Tik Tok ou Twitch, arrivés après.

Même sur les réseaux sociaux que j’utilise, j’ai toujours été d’un usage parcimonieux. Pas trop envie de raconter ma vie, pas l’impression que mon avis ait de l’importance ou que j’ai des choses suffisamment intelligentes à dire, #syndromedelimposteur. En fait, si je m’écoutais totalement, je ne serais sur aucun réseau social. Éventuellement, je reviendrais à d’autres formats de discussion : des forums à l’ancienne, des canaux de discussion autour de projets, etc.

Car soyons clair, si je fréquente plus ou moins assidûment trois réseaux sociaux (LinkedIn, Twitter et Mastodon), c’est avant tout dans le cadre de mon engagement… professionnel (et un peu militant, mais les deux sont liés). En tant qu’indépendant, et surtout en tant qu’indépendant qui produit du contenu avec l’objectif que ce contenu soit médiatisé, je suis… dépendant à ces réseaux sociaux.

D’où viennent les visiteurs de mon site ?

Comme vous pouvez le voir sur mon outil de suivi, je suis globalement dépendant des mêmes plateformes hégémoniques que je dénonce. Paradoxal, mais tristement classique pour tout éditeur de contenus.

(Bien) communiquer sur les réseaux sociaux

Être sur les réseaux sociaux, c’est une chose. Mais ça ne sert à rien si on ne communique pas dessus. Et là, pas de chance, mais une règle de base des réseaux sociaux (et de leurs algorithmes), c’est que plus on communique, mieux c’est. Si comme moi, vous êtes plutôt du style à ne parler que quand vous avez un truc important à dire, raté, vous n’êtes pas au bon endroit.

Sur Twitter et LinkedIn, il faut de la qualité (et encore), mais surtout de la quantité, de la régularité. Idéalement, du contenu clivant. Je l’ai très clairement constaté : pendant de longs moments, je délaissais Twitter, et je me contentais de publier mes articles ou des choses importantes. Hop, directement puni ! Mes messages étaient très peu vus et très peu relayés. À l’inverse, plus j’y suis (ce qui est le cas récemment), plus la mayonnaise prend, et c’est totalement l’objectif des algorithmes et du design tout entier des réseaux sociaux : nous prendre un max de temps1.

Au delà de la qualité et la quantité, chaque plateforme a ses codes. Sur Twitter, on aime bien les visuels, les gifs, les émojis. Sur LinkedIn, c’est plus sérieux, mais comme on veut brasser de la relation il faut citer dans son post le max de gens pour qu’ils se sentent obligés de relayer le post qui les met eux aussi en valeur. Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas trop mon style de communication. Je suis plutôt dans la sobriété, le minimalisme. Je n’aime pas « en faire des tonnes ». Mais clairement, je suis parfois obligé de me faire violence parce qu’encore une fois, c’est le seul moyen d’être visible sur des réseaux dont une partie de mon audience (et donc de ma clientèle) dépend. Donc je fais des compromis. Quelques paillettes, ok (désolé !) . Mais avec modération.

Préparer les alternatives aux réseaux sociaux dominants

Les réseaux sociaux dominants constituent l’un des types de plateformes les plus toxiques du web. Je le sais, je l’enseigne, je le répète à longueur de journée et pas une semaine se passe sans qu’un scandale ne soit éventé ici ou là. Alors que faire ? Il faut à mon sens préparer les alternatives numériques, et mettre la pression sur les plateformes hégémoniques.

Citons Mastodon, une alternative à Twitter. Mastodon est un logiciel de réseau social fédéré. Ce qui veut dire que tout le monde peut héberger une instance de Mastodon. Et toutes les instances communiquent entre elles. Ce qui veut dire que personne n’est dépendant à une instance, c’est incroyablement puissant. Elon Musk ne pourrait jamais acheter Mastodon.

Pour remplacer Facebook, ou LinkedIn sur certains aspects (les groupes), il y a aussi Mobilizon, un autre outil fédéré « qui vous permet de trouver, créer et organiser des événements. Vous pouvez aussi y publier une page pour votre groupe où les membres pourront s’organiser ensemble ».

Reste LinkedIn, qui trône (largement) au dessus des autres, et pour lequel aucune alternative n’existe à ma connaissance. Peut-être parce que les militants fréquentent peu ce réseau social très business ? Toujours est-il que je ne vois pas comment je pourrais m’en passer aujourd’hui. Et encore, je capitalise depuis déjà de longues années sur ce site pour créer du contenu, acquérir de l’audience et des clients autrement que par LinkedIn (ou tout autre réseau). Mais soyons clair, s’en passer totalement dans ma situation serait un énorme luxe.

Réduire sa dépendance aux plateformes intermédiaires : passons en direct !

Comme évoqué plus haut, je dépends grandement pour mon trafic de Google et de sa recherche, de LinkedIn et de Twitter, mes deux réseaux sociaux principaux. Alors comment réduire cette dépendance ? Il existe heureusement des technologies aussi vieilles que le web !

Le flux RSS

Le flux RSS est un format de données qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour d’un site ou d’un blog. Vous avez besoin d’un logiciel agrégateur pour vous abonner à des flux RSS. Il en existe des freemium (Feedly), des payants (Feedbin), des libres (Flus) et vous pouvez même vous en héberger un vous-même (ou demander à un hébergeur des chatons).

Une fois sur votre agrégateur, ça ressemble à ça. Vous pouvez classer vos flux par catégorie. Il est intéressant de noter que les agrégateurs de flux proposent tous un format d’export de vos abonnements interopérable (un fichier OPML). Pour le moment, aucune de ces plateformes ne vous enferme.

Voilà une première manière de suivre mon site en direct, sans passer par Google ou les réseaux sociaux. Il vous suffit de vous abonner à mon flux RSS : https://louisderrac.com/feed/

La newsletter

Autre technologie aussi vieille que le web (et même avant pour le mail) ! Vous pouvez-vous abonner à ma newsletter. J’envoie épisodiquement un mail avec des nouvelles, mes derniers articles préférés, de la veille. Et ça arrive directement dans votre boite mail !

Pour s’abonner c’est très simple, j’ai juste besoin de votre mail et ça reste entre vous et moi.

Écrivez-moi, laissez des commentaires !

Vous pouvez aussi initier un échange direct et une relation avec moi, sans LinkedIn, Twitter, ou autres. pour cela, il suffit de m’écrire à louis [arobase] resnumerica [point] com. Vous pouvez enfin réagir à des articles de ce site, sous forme de commentaires, à l’ancienne. Cela nous permet d’engager un contact qui peut être sous pseudonyme si vous le souhaitez, ou pas. Clairement, on peut plus facilement opposer des points de vues, débattre de nos désaccords, sans la radicalité, la rapidité et la brièveté des principaux réseaux sociaux.

Autant je n’aime pas débattre sur les réseaux sociaux, autant je réponds avec plaisir à toutes celles et ceux qui m’écrivent, promis !

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Photo à la une de Volodymyr Hryshchenko sur Unsplash

ℹ️ Note de service : je suis en recherche active de missions. N’hésitez pas à me proposer des projets, en lien avec mon offre de prestations. Merci !

⚠️ Je vous propose un cycle de trois webinaires, suivi de plusieurs débats, pour échanger autour de la « chose » numérique, et reprendre le triptyque qui constitue le sens de mon engagement : comprendre le numérique, pour pouvoir le critiquer et le transformer. Plus d’informations par ici

Notes de bas de page

  1. Lire à ce sujet sur l’économie de l’attention

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