Lettre d’amour et de soutien aux enseignants

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Ce n’est pas vraiment mon style d’écrire ce genre d’article. Un article d’humeur.

D’abord parce que je n’ai pas vraiment l’audience pour le justifier. Ensuite parce que je crois qu’à trop vouloir s’exprimer, on devient inaudible.

Mais je vais faire une exception pour envoyer un message de soutien aux enseignants, que je côtoie de près et aime d’amour depuis 8 ans. L’énième #profbashing qu’ils subissent actuellement m’est intolérable…

Les enseignants ont l’un des plus beaux métiers du monde, l’un des plus durs aussi : préparer les prochaines générations au monde qui les attend.

Les enseignants n’ont d’ailleurs jamais eu comme seule mission d’enseigner, puisqu’ils sont aussi des psychologues, des créateurs de liens sociaux, des médiateurs, des acteurs sociaux, des arbitres et des juges de paix, des conseillers d’orientation, des modèles parentaux, des hébergeurs d’urgence, etc. Peut-être faut-il rappeler que la plupart d’entre eux sont aussi des parents…

Le métier d’enseignants est régulièrement bousculé. Par la massification de l’école, l’irruption du numérique, les incessantes réformes, l’arrivée de nouveaux « besoins éducatifs » : éducation à la citoyenneté, au numérique, aux médias et à l’information, à l’égalité filles-garçons, et j’en passe.

Les enseignants ont été autant secoués que les autres par la crise sanitaire que nous vivons. Il faut se rappeler qu’on leur a laissé 3 jours pour se préparer. Dans leur immense majorité, ils se sont défoncés. Pour assurer leur mission, pour refaire leur cours, pour inventer de nouvelles formes d’enseignement à distance, pour appeler un par un les parents d’élèves et s’assurer que tout allait bien.

Bien sûr que certains s’en sont mieux sortis que d’autres. Et bien sûr que d’autres ont galéré, et galèrent toujours. Sont-ils la seule profession dans ce cas ?

Dans l’immense majorité, les enseignants ont assuré, malgré toutes les difficultés : avertissements au dernier moment, injonctions contradictoires, absence de matériel professionnel, absence de formation, absence de vision moyen-terme (car qui en avait ?). Dans le langage startup si en vogue dans les temps actuels, on pourrait dire que les enseignants ont assuré avec une agilité qui force le respect.

De manière générale, je suis scandalisé par ceux qui tapent sur les profs, sans véritable connaissance de leur métier et en se contentant de simples préjugés. Vous pouvez compter sur moi pour ne plus rien laisser passer. Le plupart des gens ne se rend simplement pas compte du travail d’un enseignant. C’est tout. Ils ne savent pas ce que c’est de faire cours et de préparer des cours. Ils ne connaissent rien de la vie des profs, de leur motivation, leur rémunération, leur évolution de carrière, le peu de reconnaissance dont ils bénéficient, etc.

Mais le #profbashing actuel, c’est vraiment trop. Je suis scandalisé, je suis choqué, je suis triste, je suis en colère. Mais surtout, je ne comprends pas comment nous en sommes arrivés là. Quand les professions précaires (les journalistes) tapent sur d’autres professions précaires (les enseignants), ça me laisse songeur. Pourquoi ? Pour quoi ? Pour qui ?


Donc, à mon très petit niveau, je voudrais dire aux enseignants que je les aime, que je les soutiens, que je les admire. Y compris et même surtout dans leurs difficultés, leurs vulnérabilités, leurs défauts, ce qui fait leur humanité finalement. Et je méprise celles et ceux qui tentent de les trainer dans la boue.

Si on continue de laisser faire, quels sont les fous qui rêveront de devenir enseignants dans 5 ans, dans 10 ans ?

PS : ma veille internationale m’a permis de découvrir avec surprise que le profbashing était une réalité internationale. C’est peut-être la seule consolation de savoir que ce n’est pas une spécificité française. Ceci dit, pendant le confinement, la côte des enseignants est largement montée, et il n’y a qu’en France semble-t-il que nous ayons la mémoire aussi courte.

Quelques articles pour (se) remettre les idées en place

Photo by Aarón Blanco Tejedor on Unsplash

Auteur : Louis Derrac

Consultant et formateur spécialisé dans les domaines de l'éducation et de la culture numérique

10 réflexions sur « Lettre d’amour et de soutien aux enseignants »

    1. Louis, merci:)
      Je n’aurais pas dit mieux à celle que j’essaie de soutenir du mieux que je peux, moi même.
      Bonne continuation également

  1. Merci, ça fait du bien quand on se sent piétiné par sa ” haute” hiérarchie… par qq parents peut-être plus maladroits que méchants…

  2. Il fallait que ce soit dit ! Merci !
    Une enseignante à la retraite qui n’a jamais regretté d’avoir choisi ce métier…

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