Programmation et culture numérique

Programmation et culture numérique

J’ai eu l’immense plaisir de participer aux ateliers proposés dans le cadre du Carnaval Numérique. J’ai ainsi proposé à des jeunes de 6 à 15 ans de s’initer à la création de leur propre jeu vidéo avec GameCode, l’une des applications composant la ressource Code-Decode (créée par Tralalere).

L’occasion pour moi, avec ma casquette de reponsable développement de Tralalere, de confronter notre ressource et ma capacité d’animation à notre seul et vrai public : les enfants. Mais aussi, à titre personnel, de réfléchir à nouveau sur l’urgence de former les jeunes (et les moins jeunes) aux logiques et aux enjeux du numérique.

On parle trop souvent de programmation, et pas assez de culture numérique. C’est hélas vrai en France, et encore plus dans les pays anglo-saxons. Il suffit d’aller au BETT (le salon éducatif londonien qui a lieu tous les ans en janvier) pour se rendre compte que si certains pays voisins sont effectivement très en pointe sur l’initiation à la programmation, il ne sont pas plus avancés que nous sur la transmission de la culture numérique.

Et pourtant, il m’a suffit d’une journée d’atelier pour me convaincre une nouvelle fois que l’important n’est pas le langage de programmation, ce n’est même pas l’outil qu’il y a derrière pour programmer. Ce qui importe c’est la logique, le raisonnement, c’est la compréhension de l’algorithme (« Que veux-tu précisément que ton personnage fasse ? »), des modèles économiques (« Comment un jeu peut-il être gratuit alors qu’on a vu qu’il fallait des dizaines de personnes pour le créer », « Comment Facebook gagne-t-il de l’argent ? »). Car les langages changent vite, les nouveaux outils remplacent les anciens, mais la culture numérique, la logique des enjeux, l’esprit critique s’adaptent à tous ces changements.

J’étais également très heureux de voir comment des parents « réfractaires au numérique » changeaient d’approche quand je leur expliquais que créer une bulle protectrice chez eux ne servirait pas leur enfant, et qu’il valait mieux qu’eux-même s’éduquent (il existe maintenant ÉNORMÉMENT de ressources sur le web) pour pouvoir ensuite transmettre, guider, interroger leurs enfants sur les outils numériques.

Je fais le même constat pour l’école. Je comprends les peurs de certains enseignants, qui se sentent dépassés par une culture numérique qu’ils pensent ne pas suffisamment posséder. J’ai rencontré, plusieurs fois, ceux qui souhaitent s’investir dans cette approche mais qui ne se sentent pas suffisamment formés, ou qui n’ont pas encore les infrastructures nécessaires dans leur établissement.

Je comprends aussi ceux qui pensent que les enfants « ont bien assez d’écrans chez eux », et qu’il n’est pas utile d’en rajouter à l’école. Mais à ceux-là je voudrais partager mon ultime conviction : il n’y aura bientôt pas de plus grande inégalité que l’écart de culture numérique entre des enfants.

Car le monde vers lequel nous allons non seulement appartiendra à ceux qui disposent d’une importante culture numérique, mais asservira ceux qui en sont les plus dépourvus.

Pour conclure, je voudrais mettre le doigt sur un aspect important : les enfants disposent très souvent de ce dont manquent les enseignants, à savoir des facilités d’usages du numérique. Et ils manquent précisément de ce dont les enseignants disposent : du recul, de l’expérience, de la méthode et de l’esprit critique. Je suis certain qu’en travaillant ensembles, ils formeront un duo parfait.

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